Selon des chercheurs espagnols, une forte adhésion au régime méditerranéen comprenant une consommation modérée de vin est associée à une réduction significative des maladies cardiovasculaires et surtout du taux de mortalité global.

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ans le cadre de deux des plus grandes études réalisées dans le domaine du régime méditerranéen et de la santé – PREDIMED et SUN – un groupe de chercheurs espagnols vient de publier des résultats particulièrement prometteurs sur les bénéfices du régime méditerranéen, notamment lorsqu’une consommation modérée de vin y est associée. L’intérêt de cette étude, publiée dans le European Heart Journal, c’est sa durée tout comme son nombre de participants : les deux cohortes réunies représentent plus de 30 000 participants évalués sur une durée totale de 22 ans. De plus, elle a été réalisée sous l’égide de deux figures de proue de la recherche sur le régime méditerranéen et la santé cardiovasculaire, les docteurs Ramón Estruch et Miguel Ángel Martínez-González, professeurs de médecine à l’Université de Barcelone et à l’Université de Madrid.


 

Seule une consommation modérée de vin concernée


L’adhésion au régime méditerranéen a été mesurée à l’aide d’un questionnaire comportant 14 points, dont un relatif au vin pour une consommation maximale de 7 verres par semaine ; des marqueurs objectifs de la consommation réelle de vin ont été utilisés pour vérifier ces résultats. Les participants PREDIMED (grand essai randomisé où le risque cardiovasculaire est élevé) qui respectaient le régime méditerranéen, mais sans vin, voyaient diminuer leur risque de maladies cardiovasculaires et leur taux de mortalité toutes causes confondues, de 16% et de 23% respectivement, par rapport à ceux qui ne suivaient pas le régime méditerranéen. Pour ceux qui incluaient une consommation modérée de vin, ces diminutions passaient à 45% et à 33%. En revanche, lorsque les chercheurs ont analysé la relation dose-réponse, la réduction du risque de mortalité n’était plus présente chez les participants qui buvaient trois verres de vin ou plus par jour.


 

Des bénéfices sur la mortalité chez des participants plus jeunes


Au sein de la deuxième cohorte, SUN, plus jeune et en meilleure santé, aucune association significative n’a été constatée entre le régime méditerranéen, le vin et les maladies cardiovasculaires. En revanche, pour la mortalité toutes causes confondues, le risque diminuait de 6% pour les non-consommateurs de vin, mais de 46% pour ceux qui consommaient modérément du vin. Lorsque les deux cohortes ont été réunies, la consommation de vin dans le cadre du régime méditerranéen était associée à une réduction de la mortalité toutes causes confondues.


 

Le secteur espagnol priorise les recherches


Commentant les résultats de cette étude, l’interprofession espagnole du vin OIVE a affirmé qu’il est « essentiel de poursuivre les efforts pour obtenir des preuves cliniques de plus haut niveau. La science doit toujours être le fondement du débat public ». L’organisme souligne par ailleurs que, dans le cadre de la stratégie sectorielle du vin 2022-2027 en Espagne, soutenir la production et la diffusion d’informations scientifiques rigoureuses « fait partie des priorités du secteur, convaincu que seules des preuves solides et avérées permettent d’aborder de manière responsable les débats relatifs au vin et à la santé ». Les chercheurs confirment, en effet, la nécessité de réaliser des essais cliniques randomisés à grande échelle, comparant spécifiquement la consommation modérée de vin et l’abstention de vin, pour valider les observations de cette étude.