Expositions, théâtre, danse… Tous les quinze jours Madame Figaro livre sa sélection culturelle.
Benjamin Lavernhe : le nouveau Cid de la Comédie-Française
Il joue sur tous les tableaux ! Après avoir été un maître de cérémonie inégalé pour sa prestation aux César et avant d’être le méchant Thénardier dans Les Misérables de Fred Cavaye, le voici Rodrigue dans Le Cid à La Comédie-Française dont il est sociétaire. C’est son troisième spectacle mis en scène par Denis Podalydès qui le compare, sans doute à cause de sa barbe, à un tableau du Greco. Aux côtés de la frémissante ou rugissante Suliane Brahim (Chimène), il va camper ce personnage déchiré entre l’amour et l’honneur, les fameux nœuds cornéliens. «C’est un plaisir de la langue, le théâtre dans toute sa splendeur. Les sentiments sont trop grands. On se croirait dans Game of Thrones » confie-t-il. Vingt ans que Le Cid n’avait pas été joué à la Comédie-Française !
Le Cid, mise en scène Denis Podalydès, du 26 mars au 17 mai, au théâtre de la Porte Saint-Martin, comedie-française.fr
Art Paris : rendez-vous arty et printanier au Grand Palais
Fabrice Hyber, Noue noues, Galerie Nathalie Obadia
Aurelien MOLE
Cette 28e édition affiche des chiffres éloquents : 165 exposants français et internationaux issus d’une vingtaine de pays avec 29% de nouvelles participations et 24 expositions monographiques (de Bernard Buffet à Julie Navarro, d’Hugo Pratt à Philippine d’Otreppe…). L’ADN de cette foire étant d’être à la fois régional et cosmopolite, avec une orientation découverte grâce à la section Promesses, secteur dédié aux jeunes galeries et à la création émergente. Selon le rituel, deux thèmes sont confiés à des commissaires, l’un tourné vers la scène française, l’autre dirigé vers l’international. Babel- Art et langage en France comportent 21 artistes (Fabrice Hyber, Ben Vautier, Fabienne Verdier…). Avec La Réparation et ses artistes internationaux, Alexia Fabre convoque aussi bien la résistance et la résilience qu’en creux les blessures, les guerres, les absences, les souffrances ou l’oubli. Une histoire de réinvention et de dialogue.
Art Paris, du 9 au 12 avril 2026 au Grand Palais, artparis.com
Afanador : flamboyant flamenco au Théâtre du Châtelet
Afanador, chorégraphié par Marcos Morau
Merche Burgos
Créé en 2023 à Séville et porté par le Ballet Nacional de España, Afanador investit la scène du théâtre du Châtelet pour un hommage brûlant au photographe colombien Ruven Afanador, maître des noirs et blancs qui a immortalisé comme personne la culture flamenca. Sous la direction du chorégraphe Marcos Morau, figure de la danse contemporaine et inventeur d’un «flamenco queer», la troupe de 36 danseurs détourne les codes (éventails, mantilles, postures de torero…) pour en faire une suite de tableaux presque cinématographiques, traversés de figures androgynes, de silhouettes sculpturales et de castagnettes. Le tout sur une bande-son mêlant voix, percussions et nappes électroniques, qui font monter la tension jusqu’à la transe. Un rendez-vous à ne pas manquer pour les amoureux du flamenco, où la danse raconte autant une tradition qu’un fantasme très contemporain de l’Espagne.
Afanador, Ballet de Marcos Morau, du 27 mars au 2 avril au théâtre du Châtelet. chatelet.com .
Paulo Nazareth en majesté à la pointe de la douane de Venise
Paulo Nazareth, Nice, 2017 Pinault Collection Pencil on paper, stone and sneakers23 x 61 x 45 cm (9 1/16 x 24 x 17 11/16 in)
Paulo Nazareth
Au premier étage de la Punta della Dogana se tient un solo show de Paulo Nazareth (né en 1977, Brésil). Il tire son titre, Algebra, de l’arabe «al-jabr» qui signifie «réparation d’os brisé ». L’artiste dont les performances et installations explorent l’immigration, la colonisation, l’identité, scrute les fractures de l’histoire, utilisant la marche comme métaphore de la résistance. Au cœur de l’exposition, Noticias de America de la Collection Pinault condense les dix mois de marche de Paulo Nazareth du Brésil à New York. Photographies, textes et Havaïanas offrent un témoignage vécu de la migration.
Algebra, Paulo Nazareth, du 29 mars au 22 novembre 2026, pinaultcollection.com
Monet : la découverte de Giverny au Musée des impressionnistes
Claude Monet (1840-1926), Les Meules à Giverny, soleil couchant, 1888-1889, Huile sur toile, 65 x 92 cm, Saitama, The Museum of Modern Art, inv. 0-0023
Saitama, The Museum of Modern Art
Pour célébrer le centenaire de la disparition de Claude Monet (le 5 décembre 1926), le Musée des impressionnistes consacre une exposition à rebours, c’est-à-dire aux premières années de l’artiste dans le village de Giverny, depuis son arrivée en 1883 à 1990, année où il devient propriétaire de sa maison aux volets verts et de la création de son jardin. Premières années fondatrices. Monet qui a 43 ans et qui passera là les 43 années suivantes, arpente l’espace : champs de coquelicots, prairies et collines, cours de l’Epte et de la Seine. L’exposition ? Un comble de l’immersion, une espèce de dedans dehors où les œuvres et la toponymie se répondent de façon magique. Une trentaine d’œuvres où l’on comprend que sa vie entière, bien avant de devenir le peintre des Nymphéas ou l’auteur des «Grandes Décorations» du Musée de l’Orangerie, Claude Monet a peint la lumière.
Avant les Nymphéas, Monet Découvre Giverny, 1893-1890. Du 27 mars au 5 juillet 2026, mdig.fr