Le chauffeur de taxi modère également sa vitesse: « je lève un peu le pied pour économiser du carburant et donc, au lieu de faire deux ou trois courses en une heure, je n’en fais plus qu’une seule », soupire-t-il.

Bonne nouvelle à la pompe: le prix du diesel baisse enfin !

Il privilégie dorénavant le travail du soir, quand « la circulation est plus fluide, ce qui permet de consommer un peu moins de carburant ».

Ses collègues et lui partagent entre eux les stations service où l’essence est le plus abordable. « On cherche à gagner le moindre centime », insiste-t-il.

Jusqu’au jour où il changera de voiture. Car le choix est fait: « j’ai décidé de passer à un véhicule électrique ».

Le prix des factures d’énergie en hausse… et ce n’est pas fini: voici combien d’euros de plus les ménages payent depuis début mars« Surprise du chef »

« Ça va être la petite surprise du chef de savoir à quel prix va être l’essence », grince Philippine Buet-Painchaud, infirmière à Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), en arrivant à la station-service pour faire le plein de sa Peugeot 2008 grise.

Comme tous les deux à trois jours, la professionnelle de santé de 36 ans remplit son réservoir de SP95-E10. La voiture « financièrement, c’est un gouffre », admet-elle.

En l’espace de quelques semaines, le litre de carburant est passé de 1,63 euro à 1,92 euro: « trente centimes d’écart, c’est énorme! », se désole-t-elle en comparant ses tickets de caisse, « ça ne m’a jamais coûté aussi cher » et « ça continue de monter ».

A raison de 250 kilomètres par jour et de trois pleins par semaine, la note hebdomadaire a gonflé de près de 50 euros.

« C’est tellement cher pour ceux qui ont besoin de la voiture pour aller au travail, en campagne c’est encore pire », compatit Odile Trihan, 82 ans, une de ses patientes.

« Une pratique peu utilisée »: le renouvellement anticipé, l’arme face à la hausse des prix de l’énergie? Les conseils d’un expert pour chaque profilRouler « à perte »

Pour Cyrille Taquet, transporteur routier spécialisé entre autres dans le transport de céréales et d’engrais, cette crise pourrait être « celle de trop ».

Situé dans le Loiret, entre Montargis et Sully-sur-Loire, il emploie un salarié. Mais pour faire rouler ses deux camions, la situation semble devenir « sans solution ».

« Pour mes bennes céréalières, des camions lourds et remplis, j’ai besoin de deux pleins par semaine. Avec une hausse de 60 centimes depuis le début de la crise, environ, je dois rajouter plus de 400 euros par plein et par véhicule », explique-t-il. Soit une hausse de près de 3.500 euros par mois et par véhicule.

« Ça pourrait aller si mes autres coûts suivaient cette hausse, sauf que les clients ne jouent pas le jeu et chaque kilomètre est roulé à perte », peste-il.

Il craint que, à terme, une cessation de son activité soit inévitable avec des prix qui « pourraient frôler trois euros du litre ».

« Si les camions s’arrêtent de rouler, ce sont des entreprises qui ne sont plus alimentées. Et derrière, c’est tout un pays qui risque d’être à l’arrêt », prévient-il.

Enfin une bonne nouvelle: le mazout de chauffage en baisse !