Concrètement, qu’est-ce qui va changer pour les familles ?
De 18 à 25 ans — âge au-delà duquel les allocations ne sont plus octroyées — un jeune devra être obligatoirement aux études ou dans un parcours de formation. Le dispositif prévoit toutefois un filet de sécurité : « Nous sommes bien conscients que dans la vie, les parcours d’orientation ne sont pas nécessairement linéaires. C’est pourquoi nous introduisons un ‘pot 12 mois’. Ce dernier est une période d’un an maximum durant laquelle le jeune pourra suspendre son parcours d’étude ou de formation, tout en continuant à recevoir ses allocations familiales », explique Yves Coppieters.
Il convient toutefois de préciser que pour l’instant les modalités de fonctionnement de ce « pot de douze mois » n’ont pas encore été déterminées. Le cabinet du ministre y travaille, nous dit-on.
Ce « pot » permet aussi de contrer certains effets de la réforme du chômage menée par le fédéral. Cette réforme réduit « le stage d’insertion professionnelle à environ six mois (156 jours), avec possibilité de réévaluations rapides. Les douze mois couvrent donc le stage d’insertion professionnelle initial et plusieurs prolongations. En cas de réorientation ou formation complémentaire, la durée est prolongée du temps de la formation, assurant un soutien continu aux familles. Sans cette mesure, la réforme du chômage entraînerait mécaniquement une diminution de la durée de paiement des prestations familiales, en raison du raccourcissement du stage d’insertion professionnelle », ajoute le ministre.
Un durcissement » selon la Ligue des familles
Pour la Ligue des Familles, ce nouveau dispositif constitue un « durcissement du système ». Pourquoi ? Car il « représente un changement pour les jeunes qui changent d’orientation, interrompent leurs études ou commencent certaines formations non reconnues pour le droit aux allocations familiales. Si un jeune rate sa première année d’études puis suit par exemple des cours de langue pendant un an – le temps de trouver sa voie – il épuise tout son pot d’allocations familiales. Ça veut dire qu’après ses études, s’il ne trouve pas un emploi immédiatement, il n’aura plus droit aux allocations familiales. »
En Belgique, près d’un enfant sur deux ne reçoit pas la pension alimentaire qui lui est due
En revanche, le nouveau système va permettre aux familles monoparentales, dont les enfants sont nés après 2020 et dont les revenus sont compris entre 34 000 et 54 867 euros brut par an, de bénéficier d’un droit à un supplément d’allocations familiales de 25,36 euros par mois et par enfant. Aujourd’hui ce supplément est de 12,68 euros.
Ce nouveau mécanisme entrera en vigueur à partir du 1er juillet.