Un cas nullement isolé

L’appel a été, on l’imagine, bien relayé à Liège… mais il a aussi permis de mettre en lumière un problème plus large que le cas du Mad Café. Comme le précise aujourd’hui Duygu Celik, conseillère communale PS, « la réforme wallonne des aides à l’embauche, déjà adoptée en deuxième lecture, qui prévoit la suppression progressive des aides SINE d’ici 2029, concerne 250 entreprises en Wallonie, dont 15 rien que sur la Ville de Liège ». Or précise l’élue PS, « ces aides sont essentielles pour les entreprises d’économie sociale et pour l’emploi des travailleurs les plus éloignés du marché du travail. »

Ainsi à Liège, il y a le Mad Café qui dépend directement de ces fonds (10 emplois) mais aussi d’autres « noms » bien connus, dont « Step Services », active dans le secteur des titres services. Ici, ce ne sont pas moins de 56 travailleurs qui en dépendent… comme les 32 de Vitalité Services Belgique, les 30 de l’Agence locale pour l’emploi, les 14 de Wallonia Services ou encore les 13 d’Age d’or Services Liège. Entre autres… « Au total », calcule Duygu Celik, « on compte 184 emplois directement menacés pour la Ville de Liège ».

Et on l’a compris bien sûr, Liège n’est pas la seule commune concernée par la réforme. Rien que sur l’arrondissement de Liège, comptant 24 communes, 97 entreprises sont touchées pour un total de 937 travailleurs. Plus globalement encore, « 4.000 travailleurs fragilisés sont menacés », poursuit l’élue PS qui évoque encore la Ressourcerie du Pays de Liège, l’entreprise Sofie à Seraing ou encore le groupe Terre (Herstal).

Partout le profil des travailleurs menacés est le même : « ce sont des personnes peu diplômées, avec des difficultés sociales ou en situation de handicap, qui ne pourraient pas être engagées sans ces aides ».

Impact sur le CPAS

Ce lundi soir, Duygu Celik interrogera directement le président du CPAS, Jean-Paul Bonjean sur la problématique, l’influence de la réforme sur le Centre d’action social pouvant être ressentie à plusieurs niveaux. « Cette réforme fera peser une pression supplémentaire pour les grandes villes, avec un impact à différents niveaux, et notamment au niveau de notre CPAS. Le CPAS a besoin de ces structures partenaires pour insérer les publics éloignés de l’emploi. C’est tout un tissu d’acteurs d’économie sociale et d’insertion qui se retrouve fragilisé, menacé de fermeture, avec des conséquences majeures sur la prise en charge collective de la pauvreté et des difficultés sociales sur le territoire ».

Pour l’élue PS, l’urgence est de mise et une question s’impose : « Comment le CPAS peut-il réagir, dans ses missions et ses services à la population, pour faire face à cette situation ? » Réponse ce lundi soir en séance publique.