Emplois: deux grosses fermetures à Welkenraedt
Pour le bourgmestre, Jean-Luc Nix, l’arrivée de Safran « est une excellente nouvelle. On va retrouver de la vie dans ce site énorme avec une société en pleine expansion. » Pour la commune, c’est le soulagement puisqu’elle vient d’affronter deux fermetures de taille en quelques mois : Copeland (200 emplois) et Hexcel (plus de 100 emplois). Quant aux finances communales, elles seront soutenues par cet apport via le précompte immobilier et le revenu cadastral.

Le bourgmestre de Welkenraedt se réjouit de la notoriété que va apporter Safran à sa commune. ©eda Huet »Doubler nos sites de production »
Basé à Herstal, Safran Aero Boosters y emploie 2000 personnes et a tendance à élargir sa zone d’activités en province de Liège. Après avoir ouvert l’usine de Marchin (région de Huy) l’année dernière, Safran s’implante dans l’arrondissement de Verviers. Les enjeux sont clairs, rappelle François Lepot, il faut répondre aux exigences très poussées des clients. « Nos clients veulent qu’on sécurise la supply chain. On nous demande formellement de doubler tous nos sites de production. S’il y a un problème à gauche, on peut produire à droite. » Les montées en cadence des productions de moteurs nécessitent des garanties. L’usine de Welkenraedt va permettre de produire des composants de boosters de grande dimension – deux mètres de diamètre – alors qu’ils sont déjà produits à Herstal. « Les clients nous demandent d’anticiper les problèmes. On doit être prêts pour livrer à l’heure les programmes 2028-2030 et on est éligible pour d’autres programmes. »
Safran ouvre un site de production à Marchin dans les anciennes usines d’Arcelor MittalWelkenraedt : « on a gagné un an »
Un des avantages de l’ancien site Copeland de Welkenraedt (18 000 m² de hall sur un site de 8 hectares), c’est d’être disponible immédiatement et en mesure d’accueillir très rapidement la production de Safran. « On a gagné un an, se félicite François Lepot. On sera sur l’usine la plus moderne du groupe. » Ce qui est déjà le cas pour le site de production de Marchin et dont Safran va tirer tous les enseignements pour mettre en place celui de Welkenraedt. Le niveau de technologie nécessite un machinisme et une automatisation importante, c’est ce qui permet à Safran Belgique de rester compétitif au niveau international. « Avec nos brevets et notre savoir-faire, et même avec un pays à haut salaire. »

Compresseur de moteur pour avion ©Thierry Dosogne
A court terme, Safran va engager environ 80 personnes pour le site de Marchin, 200 à Herstal et donc 100 pour Welkenraedt. « Il y a des jours plus heureux que d’autres, sourit le ministre wallon de l’Économie, Pierre-Yves Jeholet. Cela démontre que la Wallonie est attractive. » Et Safran le rend bien à la Wallonie qui détient 33 % des parts de la filiale belge via Wallonie Entreprendre. « L’année passée, on a acheté pour 151 millions de matériel, principalement en Wallonie et en Belgique. Et on a donné une cinquantaine de millions de dividendes à nos partenaires publics (Wallonie et au Fédéral via la SFPIM). »
Les perspectives sont donc résolument heureuses pour Safran Aero Boosters et ses sites de production pour l’aviation civile. Les commandes tant pour les moteurs de plus petite dimension Airbus A320 et Boeing 737, que « sur le plus gros moteur du monde, le Boeing 777X où on parle du décuplement de cadence. » « C’est un grand jour pour Welkenraedt, sourit le bourgmestre. C’est magnifique d’avoir une société d’une telle notoriété. »

L’ancien bâtiment de Copeland a une superficie de 18 000 m² et est installé sur un site de 8 hectares ©EDA