Qui a eu l’idée en premier de ce projet ?

Romain (R.) : « C’est une idée qu’on partageait. Et le concept est né naturellement une fois qu’on avait trouvé le nom ‘Facile ou pas’. On n’a pas vraiment de ligne de conduite. On veut faire des choses très différentes. Retrouver ce côté marrant et complice qu’on a, et qu’on ne voit pas toujours à la télé. »

Amélie (A.) : « Faire des défis, ça nous correspond. On n’allait pas parler de politique ou de choses qu’on ne maîtrise pas ! »

« C’était dix fois mieux avec les Poufs »: l’influenceuse Amélie Neten, parodiée dans le « Grand Cactus », tacle l’émissionPourquoi vous lancer sur YouTube ?

R. : « C’est l’avenir. Et puis ça permet de faire autre chose. Là, on a un contrôle total sur ce qu’on fait, contrairement à la télé. On apprend aussi. Entre les premières vidéos en studio et celles tournées sur le terrain, il y a déjà une vraie évolution. Et surtout, on est plus nous-mêmes. Moi, en tout cas, je suis plus à l’aise avec une équipe proche. On se connaît, et ça rend tout plus simple. »

Vous vous êtes fixé des limites ?

A. : « Oui, sur nos vraies peurs. Moi, je n’irai jamais toucher un cerveau. Même entrer dans une cage avec des insectes ou des araignées, c’est mort. Par exemple, j’ai refusé de participer à Fort Boyard. Deux fois ! Je me voyais déjà avec des bêtes, impossible (rires). »

On vous connaît tous les deux grâce à la téléréalité… vous vous êtes rencontrés comment ?

A. : « Une histoire de homards (sourires) ! On était à un anniversaire en commun. Il y avait des pâtes au homard pour deux, et on voulait tous les deux en manger. C’est comme ça qu’on s’est rapprochés. Et après, on ne s’est plus lâchés. »

« Le plus gros scandale de la télé réalité »: la victoire d’Amélie Neten, dans la deuxième saison des Cinquante, divise les internautesRomain, on vous connaît un peu moins. Votre première téléréalité remonte à il y a dix ans…

A. : « C’était même un peu avant 2016 (rires). »

R. : « Oui, mais ça c’est prescrit (rires). La vraie première, c’était ‘France Trip’ en 2016, où Amélie m’a embarqué. Cela a marqué un tournant. Je connaissais déjà un peu les coulisses grâce à elle, donc je n’ai pas été surpris. Il y a des bons côtés, des portes qui s’ouvrent… et après, on a enchaîné ensemble sur ‘Les Apprentis’. »

ON COMMENTE NOS ANCIENNES ÉMISSIONS À DEUX ! - YouTube thumbnailWatchVous cherchiez cette exposition à la base ?

R. : « Un peu de piment, oui. Mais l’exposition, pas forcément. On aime ça, mais ce n’était pas un objectif. Si vous nous voyez, chez nous le week-end, en pantoufles à faire nos courses, on est loin de tout ça ! »

Amélie, vous avez marqué toute une génération avec Secret Story. Que pensez-vous des nouvelles éditions ?

A. : « J’ai été dans la maison durant cinq jours la saison précédente. C’est pas la même chose. Je n’aurais pas pu tenir, je pense, plus longtemps. Maintenant, c’est très soft. Il n’y a plus de maillot de bain. Il n’y a pas de fête comme avant. Nous, on vivait vraiment les choses. Maintenant, tout est calculé. »

Il y a moins de spontanéité ?

A. : « Ce n’est pas un manque de spontanéité, c’est qu’ils ne peuvent plus. En termes d’image, tout est cadré. C’est stratégique. Ils savent qu’en sortant, ils veulent devenir influenceurs. »

R. : « Aujourd’hui, c’est devenu un travail plutôt que d’aller vivre une aventure. Il y a beaucoup plus de calculs qu’avant. »

Et pourtant, vous êtes devenus créateurs de contenu aussi…

R. : « Oui, mais à notre époque, il y avait moins de stratégie. J’ai un filleul de 15 ans qui rêve de devenir influenceur, mais il ne voit que les paillettes. C’est un métier, ça demande du travail. »

Justement, ce métier reste très critiqué…

A. : « C’est fou, parce qu’il n’y a qu’en France et en Belgique où on est énormément critiqués. Alors qu’en Espagne, en Italie ou aux États-Unis, on nous félicite. Aujourd’hui, les entreprises font appel à nous parce que ça fonctionne. Avant, on regardait les publicités à la télévision, moi je ne regarde plus la télé. La nouvelle voiture qui est sortie, je la vois grâce à mon téléphone. Je peux comprendre la critique, il y a pas de souci. Mais elle est très facile ici. »

R. : « Il y a aussi ce que les gens imaginent qu’on gagne. Je ne suis pas millionnaire. Mais c’est ce que les gens pensent. Les gens sont jaloux. Alors que s’ils connaissaient la réalité (rires). »

Voici le père du bébé d’Amélie de Secret StoryAmélie, quand vous regardez votre parcours, avec le recul, regrettez-vous certaines choses ?

A. : « Aucun. Ça m’a fait grandir, évoluer. J’ai 40 ans aujourd’hui, je suis beaucoup plus posée. »

Vous êtes connue pour votre personnalité explosive…

R. : « À l’époque, et je pense que c’est toujours le cas maintenant, les productions essayaient de formater un candidat. Vivian, par exemple, c’est un mec qui est détesté mais dont on parle tout le temps. Ce sont des images qu’on colle à un candidat et qui restent. Ce n’est pas toujours le vrai comportement de la personne qu’on montre de lui. Et ça, ce sont les médias, la télé, et quand il y a des contrats, on n’a pas le choix. »

A. : « En fait, je crie une fois, et on le montre 100 fois. Dans Secret Story, on vivait 24 heures sur 24 ensemble pour une quotidienne diffusée de 40 minutes. Forcément, eux (les productions, NdlR), il faut qu’ils remportent un peu d’argent ! »

La téléréalité, c’est fini pour vous ?

R. : « Ce qui est sûr, c’est que YouTube ne ferme pas la télé. Maintenant, je pense qu’avec l’expérience, on va peut-être se permettre de choisir ce qu’on va faire plutôt que de dire oui à tout. Alors qu’au début, il faut se créer des opportunités. Mais on ne ferme pas du tout la porte. »

Est-ce qu’il y a un programme que vous aimeriez vraiment faire ?

A. : « Je l’ai toujours dit, même quand j’avais commencé Secret Story : Pékin Express. Mais ensemble, pas forcément (sourire).

Si demain « Facile ou Pas » explose, comment voyez-vous la suite ?

R. : « Pour l’instant, on essaie de tester différentes choses pour voir ce qui va le plus intéresser. Mais de toute façon, le plus important, c’est qu’on aime ce qu’on fait. Et si ça venait à exploser, ce qu’on espère, on pourrait partir au bout du monde avec des équipes de caméras et tout ça, ce serait le pied, bien sûr (sourire).