Le rappeur Gims a été mis en examen vendredi 27 mars dans le cadre d’une affaire de blanchiment aggravé présumé.La justice s’intéresse notamment à un énorme projet immobilier à Marrakech dans lequel le chanteur s’est fortement impliqué.

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Le 20H

« 117 villas, un spa, lagon, clubhouse… ». En janvier dernier, le chanteur Gims vantait sur les réseaux sociaux les atouts d’un projet immobilier à 100 millions d’euros près de Marrakech. Nommé « Projet Sunset », a-t-il bénéficié d’argent sale provenant d’activités illégales ? Quel est le degré d’implication de Gims ? 

À partir du moment où Gims s’est installé au Maroc, il a multiplié les sociétés. Soufiane Sbiti, directeur de la rédaction de Le Desk.ma

Au Maroc, le journaliste Soufiane Sbiti, directeur de la rédaction de Le Desk.ma, a enquêté sur l’artiste. Il décrit un homme d’affaires actif, installé à Marrakech depuis 2013. « À partir du moment où Gims s’est installé au Maroc, il a multiplié les sociétés. Ses sociétés tournent autour du BTP, de la promotion immobilière. Il trouve aussi des sociétés pour les snacks », détaille-t-il, dans le reportage ci-dessus. Pour ses villas, Gims se présente lui-même comme un investisseur. « Je me suis entouré des meilleurs. On est avec Horizon », arguait-il sur les réseaux. 

Dans un document, Horizon, le promoteur, décrit lui aussi Gims comme un investisseur associé. Interviewé ce samedi 28 mars par le journal Le DesK, le gérant de cette société, Lahoucine Aourik Soussi, assure pourtant que Gims n’a rien donné. « Tout est à moi, il n’a qu’un contrat, il n’a pas mis d’argent (…) On a pris Gims pour nous accompagner, pour nous donner une image », souligne-t-il. Ce promoteur a-t-il lui-même injecté des fonds suspects dans le projet ? Gims, en avait-il connaissance ? La justice française enquête. 

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Depuis 2023, elle soupçonne un vaste réseau de blanchiment international. À la base de ce réseau, un système de collecte d’argent sale repéré sur tout le territoire français. Des espèces distribuées à des entreprises à l’activité réelle, dans le bâtiment, la rénovation énergétique ou la sécurité privée. Le cash permet à leurs dirigeants de rémunérer des salariés au noir, par exemple. En échange, ces entreprises transfèrent de l’argent par virement à une cinquantaine d’autres sociétés, des coquilles vides. Pour faire croire à une réelle activité, elles émettent de fausses factures. 

TF1

L’argent désormais blanchi est enfin transféré vers les comptes d’entreprises installées à l’étranger, au Portugal, en Hongrie et en Bulgarie. L’une de ces sociétés a-t-elle financé le projet marocain ? Mis en examen, Gims a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire, avec obligation de signaler à la justice chacun de ses déplacements.

Virginie FAUROUX | Reportage : Elsa ASSALIT et Guillaume CHIEZE