Loin du médian
Un pari qu’il lui sera difficile à tenir, quand on sait que ce salaire mensuel est trois fois plus élevé que le revenu médian des Belges (autour de 4 000 euros bruts). Cela dit, Gilles Vanden Burre est loin d’arriver sur le podium des présidents les mieux rémunérés de Belgique.

Rémunérations des présidents de partis ©IPM Graphics
La Cour des comptes a récemment publié les déclarations de mandats des milliers d’élus qui étaient en exercice en Belgique en 2024. Cet acte de transparence offre un regard précieux sur les émoluments de nos représentants. On regrettera toutefois que, pour des raisons législatives archaïques et une lenteur administrative chronique, ces déclarations soient publiées avec deux années de retard et assorties de fourchettes salariales dont l’écart dépasse parfois les 100 000 euros.
Les données les plus récentes disponibles portent donc sur 2024, une année charnière à plus d’un titre. Les élections ont douché les espoirs des uns, ragaillardi les autres et reconfiguré le paysage politique.
Cumuls généreux
Il y a deux ans, Maxime Prévot occupait encore la présidence des Engagés, était député à la Chambre et portait l’écharpe mayorale à Namur. Cette triple casquette faisait de lui le président de parti le mieux payé de Belgique, avec une rémunération annuelle oscillant entre les 365 752 euros et le demi-million (533 182 euros). Soit jusqu’à 44 431 euros par mois (en prenant la valeur la plus haute de la fourchette). Ou 11 fois le salaire médian. En devenant ministre des Affaires étrangères, il a renoncé à une partie de ces rémunérations.
Derrière lui, on retrouve notre actuel Premier ministre. En 2024, Bart De Wever siégeait au parlement flamand et à la Chambre, présidait la N-VA, dirigeait Anvers et siégeait au conseil d’administration du Port d’Anvers. Total annuel : entre 261 862 et 390 590 euros, soit jusqu’à 32 549 euros par mois.
Georges-Louis Bouchez complétait le podium à 30 653 euros par mois, en cumulant la présidence du MR avec ses fonctions de sénateur, de parlementaire, de conseiller communal et de membre du CA d’Idea.
Le président des socialistes Paul Magnette ne pointait qu’à la quatrième place avec ses salaires de bourgmestre, de député et de professeur d’université (ULB). Maintenant qu’il n’est plus mayeur de Charleroi, le chef du PS doit vivre avec environ 90 000 euros en moins par an.
Transparence oubliée
À l’époque, les co-présidents d’Ecolo étaient Rajae Maouane et Jean-Marc Nollet. Ce dernier n’ayant pas déclaré ses mandats publics depuis 2019, il ne nous a pas été possible de vérifier ses revenus par ce biais.
En tant que président du PTB, Raoul Hedebouw n’était pas rémunéré par le parti. Son salaire lui est versé par la Chambre des représentants et via des jetons de présence comme membre du conseil communal de Liège. Avant de reverser au parti, il touche 14 017 euros par mois.
Enfin, au pied de la liste, on trouve Sophie Rohonyi dont la rémunération n’était pas supportée par le parti mais via ses sièges au parlement fédéral, au conseil communal de Rhode-Saint-Genèse et au conseil de police de cette même zone.
250 000 euros par an, sans compter les frais… voici les salaires de nos ministres