Garder les acquis
Six ans après le succès dAloha (numéro 1 à l’Ultratop et disque de platine), Dreama révèle une femme métamorphosée, une autrice-compositrice-interprète qui a choisi de se réinventer sans pour autant gommer les acquis. « Le silence du confinement, les concerts sold-out de l’Aloha Tour reportés, l’euphorie des retrouvailles avec le public quand les salles ont été réouvertes, la rupture avec mon ancien management, la joie et les bouleversements liés à la naissance de mon fils (en octobre 2023, NdlR)… Je suis passée par toutes les émotions, raconte-t-elle. Il y a eu du positif et du chaos, du beau, des remises en question. Et puis le bonheur d’écrire et d’enregistrer. »
Typh Barrow revient aux affaires avec le titre qu’on attendait d’elleProjet plus incarné
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Ode au vertige de la passion, le premier single « Close To Me » donne le ton. On y retrouve tout ce qui fait la signature de Typh, mais avec l’envie d’emmener son projet ailleurs. « J’avais envie de revenir avec une chanson très sensuelle qui allait surprendre les gens. Mais, tout en m’émancipant, je souhaitais rester fidèle à ce que le public connaît de moi : ma voix, mes racines soul, gospel et R & B. J’avance, je prends des risques mais je n’ai pas non plus l’impression d’effectuer un virage à 360°. »
Chansons autobiographiques
Contraction de « dream » et de « drama », Dreama incarne cette nouvelle version de Typh Barrow. Typh parle essentiellement de… Tiffany Baworowski -son vrai nom- dans les treize chansons. Mais elle trouve à chaque fois la formule pour glisser de l’intime à l’universel. Sa récente maternité est évoquée dans deux titres : « After You » et « Miracle », où l’on entend son fils dans l’intro et l’outro. « Je ne voulais pas écrire tout un disque sur ce thème. On l’a déjà fait avant moi. Certaines choses restent privées. Et si ma vie s’organise désormais autour de mon enfant, elle ne s’arrête pas ça. J’avais d’autres inspirations. »
Le conte de fées de Typh Barrow
Conçu entre Londres et Bruxelles, notamment aux studios ICP, ce troisième album baigne dans des ambiances cinématographiques inédites. « After You », l’un des sommets du disque avec ses arrangements contemporains, l’épique « Gloria » traversé de percussions et d’électro façon Woodkid ou encore la ballade « Fast Enough » en sont de parfaits exemples. « Interludes, arrangements, alternance de séquences calmes et d’autres plus rythmées : j’ai souvent pensé en termes de films », confirme-t-elle. « Les images de Requiem For a Dream (le film culte réalisé en 2000 par Darren Aronofsky, adapté du roman d’Hubert Selby, NdlR) me sont revenues quand j’ai composé « Fast Enough ».
Toujours de la fragilité
L’esthétique suit cette évolution. Exit les ensembles avec motifs à fleurs de la tournée Aloha et les visuels promotionnels mainstream/cheap. Typh Barrow s’est entourée du photographe Romain Garcin (Suzane, Damso) pour l’artwork et du styliste anversois Tom Eeerbout, qui lui a façonné une image plus glamour. « Vous pouvez écrire plus sexy, ça ne me dérange pas… ». Mais nous nous abstiendrons.
Ouverture à l’électro
« Miracle » est l’un des rares titres de Dreama né avec une formule piano/voix. « Devenir maman m’a poussée à réfléchir sur moi et sur mon projet. Ce fut comme une épiphanie. Je suis devenue la maîtresse de mon projet. Je me suis dit : « ça, je ne le ferai plus » ou « ça, je le ferai, mais autrement ». Sur mes deux premiers albums, je composais seule dans ma chambre, le plus souvent au piano. Le piano n’est plus le moteur de Dreama. C’est ma voix. J’ai voulu aussi élargir le terrain de jeu, ouvrir les espaces. Je m’éloigne considérablement du tout organique pour aller vers des productions plus modernes, notamment en m’appuyant sur des productions électro. Sur certains titres, j’ai travaillé en collaboration étroite avec Benoît Leclercq (ex-Delta). J’ai appris à déléguer sans perdre le contrôle. »
Typh Barrow: « Petite, j’étais tellement complexée par ma voix de garçon que cela m’a donné la rage de faire quelque chose d’original »Les peurs restent
Entre le cri de ralliement féministe « Rise » -à coup sûr un banger en live-, l’ensoleillé « Sour » (« je pensais à Pharrell Williams en l’écrivant ») et l’affirmation de soi revendiquée dans « Now Now Now », Typh Barrow dévoile toute sa fragilité, notamment sur la ballade « Fast Enough ». « C’est très cliché pour une chanteuse de dire : « nouvel album, nouvelle version de moi-même ». Mais, avec tout ce que j’ai vécu ces cinq dernières années, je ne suis plus la même. Même si les peurs restent, j’ai enfin compris ce qu’était le lâcher-prise. »
Les 7 et 8/4, Forum, Liège. Les 14 et 15/4, Théâtre Royal, Mons. Les 21 et 22/4, Cirque Royal, Bruxelles. 6/6, Classic 21 Festival, La Louvière. 26/7, Les Gens d’Ere (Tournai), 21/11, Cirque Royal, Bruxelles, 27/11 Le Forum, Liège. Le 11/12, Dôme, Charleroi.
Typh Barrow Dreama Vision Records