Les intérieurs ultra travaillé, mais où l’on respire vraiment,
ont un nouveau visage à Londres. Derrière ces espaces à la fois
calmes et contemporains se cache Studio Jey, un
duo de créatrices classé parmi les lauréats Next in Design
2025, la sélection qui repère les studios appelés à
façonner nos maisons de demain.

Leur univers paraît très londonien, mais leurs racines sont à
l’autre bout du monde, à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Entre
Hackney, façades victoriennes et volumes industriels, elles ont
forgé une signature singulière, et trois leçons de design très
simples à appliquer chez soi, même dans un appartement
français.

Studio Jey, de Wellington à Hackney : un duo qui se trouve
enfin

Jess Murphy et Josie de Guzman ont grandi dans la même ville
sans vraiment se fréquenter. « Nous étions conscientes l »une de
l’autre quand nous étions enfants, mais nous fréquentions des
cercles très différents », raconte Josie de Guzman, citée par le
média Homes & Gardens. C’est à Hackney, quartier créatif de
l’est londonien, qu’elles se croisent à nouveau, chacune déjà
plongée dans l’univers du décor.

Jess vient du set design, habituée à raconter une histoire en
quelques plans, tandis que Josie a été formée à l’architecture. En
2022, elles officialisent Studio Jey, studio
d’architecture intérieure basé à Londres, avec un portefeuille qui
va de l’appartement familial au showroom de mode. « Nous aimons
ramener les choses à l’essentiel », analyse Jess Murphy, une phrase
qui résume bien leur approche minimaliste mais chaleureuse.

Un style calme et contextuel qui colle à chaque lieu

Leur travail est souvent décrit comme ancré et apaisant, avec
une atmosphère feutrée dans chaque pièce. « J’adore entrer dans
l’expérience sensorielle de la manière dont un espace est utilisé »,
explique Josie de Guzman. Elles observent la lumière, le rythme de
la journée, le bruit de la rue, pour décider comment organiser une
cuisine, adoucir un salon ou réchauffer une cage d’escalier.

Chez elles, tout part du contexte : maison victorienne à
Londres, cottage Tudor en cours de rénovation pour deux
photographes collectionneurs d’art, ou ancien volume industriel
reconverti en boutique. Les couleurs restent terreuses et sourdes,
les matières très présentes. Elles aiment peindre murs, plafonds et
boiseries dans un même ton mat, presque crayeux, pour créer un
cocon visuel. Puis elles mélangent pièces de différentes époques,
luminaires vintage et mobilier contemporain, afin que l’intérieur
paraisse déjà vécu sans être chargé.

Trois leçons de Studio Jey pour recréer
ce calme chez vous

Leur première règle est de lire le lieu avant tout. Regarder
l’époque de l’immeuble, la hauteur sous plafond, la direction de la
lumière, les vues vers l’extérieur. Dans un appartement
haussmannien, cela peut vouloir dire respecter les moulures et les
portes hautes, en choisissant une palette douce qui n’écrase pas
les détails. Dans un pavillon plus récent, elles misent plutôt sur
les volumes et les percées visuelles entre pièces pour donner du
caractère.

Deuxième leçon : privilégier des teintes terreuses et des
matières élémentaires. Une même couleur lin ou argile sur les murs
et le plafond, des sols en bois clair ou en terre cuite, du lin, de
la laine, un peu de métal brossé suffisent à apaiser l’ambiance.
Troisième principe, enfin, oser le mélange des époques. Une table
vintage, une suspension actuelle, quelques objets rapportés de
voyage ou chinés, laissés avec de l’espace entre eux, donnent ce
côté habité qu’elles recherchent. Leur ambition reste toujours la
même : des espaces contextuels, chaleureux, prêts à accueillir la
vie qui va s’y déployer, qu’il s’agisse d’une boutique de mode
conceptuelle à London Fields ou, un jour peut-être, d’un spa
entièrement imaginé par leurs soins.