L’association pailladine Uni’Sons déjà derrière Arabesques, lance le festival Kosmik les 8 et 9 mai avec Youssoupha, Georgio et Demi Portion en têtes d’affiche, et les nouvelles générations en embuscade.
Du rap au stade de la Mosson ! Un vieux rêve sans doute largement partagé à Montpellier, au-delà même de la Paillade qui naturellement a été son premier quartier à se reconnaître dans le hip-hop et se jeter à corps perdu dans sa culture qu’on ne disait pas encore urbaine, mais qu’on savait neuve, vive, révolutionnaire. Rap, danse, graff… tout est parti de là. Et aujourd’hui le rêve de se réaliser avec la première édition de Kosmik les 8 et 9 mai au stade de la Mosson. Back to basics, retour aux sources.

La conférence de presse du festival Kosmik s’est tenue lundi au Club de la presse.
J.BE
« L’idée du festival Kosmik, ou de Hip-hop du monde comme l’on avait appelé initialement, est née en même temps que celle du festival Arabesques », explique ce lundi en conférence de presse, Habib Dechraoui, le directeur de l’association pailladine Uni’Sons qui porte les deux festivals, mais que : « Il se trouve qu’Arabesques a pris le pas et qu’on s’est beaucoup investi dedans. Sans compter qu’on a aussi toutes les autres activités d’Uni’Sons. »
Outre les rencontres des arts du monde arabe qui fêteront à l’automne leur 20e anniversaire, Uni’Sons organise tout au long de l’année des ateliers hip-hop, des rencontres artistiques, culturelles et éducatives, des concerts, des projections, sans parler de son tiers-lieu L’art est public.
« La condition sine qua non pour le festival rap, c’était qu’il se fasse dans le quartier, poursuit Habib Dechraoui. On voulait taper fort d’entrée et pour cela, il fallait un lieu symbolique. On a réfléchi, et vous savez quoi, en dehors d’Uni’Sons, le seul lieu avec une mixité naturelle qu’on a trouvé à la Paillade, c’est le stade de foot ! »
Trois visions du rap
C’est le moment de lever une légère ambiguïté (que nous avons aussi entretenue jusque-là, on avoue – il faut bien accrocher le lecteur) : ce n’est pas à proprement parler dans le stade même que le festival Kosmik va se tenir mais à l’intérieur de son enceinte. « Un magnifique endroit, rue Gévaudan, sous la Butte Paillade, pas fermé mais couvert, qui peut accueillir jusqu’à 2500 personnes. On va y installer une grosse scène, bosser la déco avec l’imagination qui nous caractérise un peu, travailler l’éclairage…, ajoute encore Habib Dechraoui. Ce sera la première fois qui se passe un événement culturel dans ce superbe stade qui reste à la Paillade, et ça, c’est notre plus grande fierté à nous, Pailladins ! »
À lieu emblématique, affiche iconique : Uni’Sons a parié sur trois noms du rap français incarnant chacun une dimension singulière de celui-ci. « Trois piliers », insiste Florian Oliveres, directeur délégué d’Uni’Sons, qui assume une programme équilibrée entre historiques, nouvelle génération et scène locale. Ainsi, Youssoupha représente-t-il le versant « engagé, spirituel » du rap, et après plus de vingt ans de carrière, n’a rien perdu de son mordant, ni de son pertinent comme en témoigne son plus récent album, AMOUR SUPREME, un sommet au son ample, cosmopolite, et au fond de même.
Bien connu dans la région, pour son rap boom bap et pour son festival sétois, son cadet Demi Portion est un exemple de réussite pour le rap « indépendant, artisanal », jamais pris en défaut de sincérité et d’intégrité. Enfin, troisième pilier, plus jeune mais à la discographie déjà solide, Georgio figure idéalement le rap « sensible, émotionnel » qui ne craint ni le chant, ni la mélodie, sans abandonner pour autant une haute idée du flow.
Nouvelles générations
Mais derrière les nouvelles générations poussent fort, et le festival Kosmik leur ouvre la porte, et le micro. Au premier rang : Ekloz, la rappeuse sétoise au rap électronique d’une singularité réjouissante qui vient de publier l’album Dix Milles Heures. Et pas loin, et de là : les figures de la nouvelle génération montpelliéraine FALS dont le son hybride rap et techno, Koeurbo au rap engagé et introspectif et enfin Roya Killa, adepte de la punchline.
Mais le festival accueillera aussi au stade le 8 mai, grâce à un partenariat avec Montpellier Breaking Metropole, un battle qualificatif officiel pour la compétition internationale World Kidz Breaking Champion, dont la finale aura lieu les 23 et 24 mai à Ljubljana (Slovénie). Du pur, et du grand spectacle chorégraphique, athlétique et esthétique animé par la figure Youval et DJ Agde !
Enfin, en amont et en aval de l’événement, deux rendez-vous sont encore prévus pour en élargir le retentissement : le 7 mai, les rappeuses 2Let Ekloz participeront à une rencontre et un showcase à L’art est public, et le 12 mai, les élèves de trois collèges héraultais participeront à la restitution de leurs ateliers, avec le renfort de cinq rappeurs locaux, salle Molière. Du stade de la Mosson à l’Opéra-Comédie, on ne rêve pas, le rap sera donc dans la place à Montpellier !
NB : jusqu’au 7 avril, on profite d’un tarif préférentiel à 30 € l’entrée sur la billetterie officielle : unisons.fr !