Quel regard portiez-vous sur son style de jeu ?
« On avait deux styles différents, mais ce que j’appréciais, chez lui, c’est qu’il exploitait son potentiel au maximum, sans en rajouter ou chercher à faire le show. C’était un gardien constant, qui ne faisait pas de grandes erreurs. Il aimait parler de technique et en raison de mon passé en Italie on échangeait beaucoup sur le poste de gardien en Serie A, sur la manière de travailler le spécifique. Ça le fascinait. Quand il est parti à Salerne (Salernitana, en 2023), il m’a demandé quelques conseils puisque c’est une ville du sud, proche de Bari, où j’ai joué. Mais bon, quand tu as joué au Standard ou à l’America, dans des ambiances chaudes, tu es préparé pour tout (sourire). »

Jean-François Gillet retient l’humilité d’Ochoa. ©
Il parlait de sa sélection ?
« Il adorait parler de sa sélection. Guillermo a déjà un style particulier, avec ses bouclettes, dans la tradition des gardiens mexicains. Il est aussi célèbre pour ses performances en équipe nationale et en Coupe du monde que pour ses prestations en club. Quand il était au Standard, il parlait déjà du record de participations en Coupe du monde, il l’avait déjà en tête (NdlR : en 2018, il a joué sa quatrième Coupe du monde). Il parlait de son équipe, de son pays, mais jamais de son statut au Mexique. Pourtant, c’était une star, on le voyait au nombre de followers qui ont commencé à suivre le Standard quand il était là (NdlR : un penalty arrêté par Ochoa a fait une pointe à 3 millions de vues sur Instagram). »
Vous étiez son remplaçant, mais en Coupe de Belgique vous étiez le titulaire, avec la victoire en 2018. Quel genre de remplaçant était-il sur cette compétition ?
« Il a été super content qu’on gagne la Coupe, d’abord. Il était derrière moi, pas du genre à vouloir reprendre la place parce qu’on arrivait en finale. Il y avait un grand respect entre nous. On est allé à Tomorrowland un été, et on est encore parfois en contact. Je suis encore sa carrière et je vois qu’il est encore à niveau. Sa grande force, aussi, c’est de s’entraîner de manière intelligente, sans prendre des risques. Il a 40 ans, mais on a l’impression qu’il en a dix de moins. »