Le maire UDR de Nice affirme que seule son alliance avec le Rassemblement national est susceptible de porter l’alternance, qualifiant les ambitions de plusieurs figures des Républicains de «course aux petits chevaux».
Du rififi chez Les Républicains à un an de la présidentielle de 2027 : David Lisnard claque la porte, Laurent Wauquiez et Michel Barnier s’envoient des piques, Valérie Pécresse et Gérard Larcher plaident pour une primaire ouverte quand Bruno Retailleau entend laisser le choix à ses adhérents. Et pendant ce temps, Éric Ciotti regarde tout cela de loin. «Aujourd’hui, à LR, personne n’est en position de gagner. On le sait très bien. […] Ils sont là pour un peu de témoignages et pour faire la course aux petits chevaux», a lancé l’ancien président du parti ce mercredi matin au micro de BFMTV/RMC.
Le nouveau maire de Nice ne croit pas à l’histoire de primaire, «une fable». «On voit bien que ceux qui la prônent sont animés par des sentiments totalement insincères. Laurent Wauquiez, quand il parle de primaire, c’est pour tuer Bruno Retailleau», poursuit-il. «Chacun avance ses pions pour négocier. Tout ça, c’est de la basse politique politicienne.» Le fondateur de l’Union des droites pour la République (UDR) appelle David Lisnard, «un ami», et Bruno Retailleau, pour qui il a «du respect», à le rejoindre dans une union avec le Rassemblement national.
«On travaille bien avec Jordan Bardella»
Cette alliance avec cette «force extraordinairement dominante» qu’est le RN est, selon Éric Ciotti, le seul moyen de «gagner» en 2027 et «porter l’alternance au socialisme et au macronisme». Le RN «a pris une partie de notre électorat ancien parce que la droite s’est déconstruite, elle n’a plus été elle-même, elle s’est soumise aux codes de la gauche en matière sociale et sociétale. Elle a perdu ce qui faisait sa force», estime-t-il.
Éric Ciotti au Figaro : « À Nice, s’est incarné l’avenir de la droite »
Le maire de Nice assure qu’il est «particulièrement satisfait» de cette alliance qu’il s’est décidé à nouer en 2024, après la dissolution de l’Assemblée nationale, alors qu’il était encore à la tête des LR. «On travaille bien avec Jordan Bardella , j’en suis particulièrement satisfait, on travaille bien à l’Assemblée nationale avec Marine Le Pen», promet-il, dénonçant au passage le «ridicule front républicain qui plonge le pays dans l’immobilisme». «Le barrage, c’est pas une politique. Les castors ne sont pas les acteurs du redressement, ce sont des gens qui protègent leurs petits intérêts.»
Sans jamais apporter son soutien à Éric Ciotti dans la campagne pour les municipales à Nice, Bruno Retailleau avait toutefois refusé d’épauler le maire sortant Christian Estrosi (Horizons). «C’était une forme de courage», salue Éric Ciotti. «Il est au milieu du gué. On voit bien qu’il veut s’extraire du macronisme face à ceux qui veulent y rester.»