« J’ai dit à mes filles : ‘voici où est mon testament' » : Ce papa solo va commander la mission vers la LuneLa fiabilité du partenariat avec les États-Unis en question

Malgré les tensions entre les États-Unis et l’Europe, la collaboration pour Artemis et entre les deux agences spatiales continuent de façon « tout à fait normale », assurait alors l’Esa. En échange de cette participation, les Européens devaient disposer de trois sièges pour des astronautes en orbite lunaire dans le cadre du programme Artemis. Mais la station lunaire Gateway, qui devait accueillir les astronautes européens et pour laquelle l’Europe a dépensé des centaines de millions d’euros via la construction de modules, n’est plus dans le plan de la Nasa pour Artemis. Celle-ci préfère se concentrer sur la base à la surface lunaire, qui devait se développer en parallèle de la station en orbite.

L’Esa ne s’est pas exprimée sur les implications de changement drastique (pour les Européens) annoncé par la Nasa le 24 mars et n’a pas répondu à nos demandes de précisions. « À mon avis, les Européens vont devoir renégocier – un mot cher à M. Trump – leur place dans le programme Artemis et donc leurs places d’astronautes dans la station prévue à la surface de la Lune. Celle-ci est d’une grande envergure, mais pas financée pour le moment, analyse l’expert du spatial Gregor Rauw (ULiège). Il faudra donc se poser la question : les Européens sont-ils prêts à mettre de l’argent dans ce projet aux conditions des Américains ? Ou bien les Européens se diront-ils : « avoir Raphaël Liégeois et Thomas Pesquet sur la Lune n’est pas une priorité, nous mettons un terme à notre participation à Artemis ». Je crois que ces choix vont se profiler dans les mois à venir. Pour le moment, c’est très frais et l’Esa se tait dans toutes les langues. »

Et d’ajouter, qu’avec cet épisode de la Gateway, les États-Unis, en matière spatiale, « ont en tout cas démontré ce qu’on savait depuis un certain temps. C’est-à-dire que ce sont eux qui mènent la danse mais qu’ils ne sont pas du tout des partenaires fiables pour les agences partenaires ».

Qui est Sophie Adenot, qui précédera notre compatriote Raphaël Liégeois dans l’espace?L’heure de l’autonomie spatiale européenne ?

Dès avant ce changement, le patron de l’Esa plaidait en tout cas pour une autonomie « lunaire » européenne, estimant que l’Europe en est technologiquement capable et citant les efforts d’autres pays en matière de vols habités, comme l’Inde ou la Chine. « Bien sûr, on discute de la possibilité de missions habitées, probablement d’abord en orbite terrestre basse, puis à plus long terme sur la Lune, précisait Josef Aschbacher. Mais cela nécessite des décisions politiques. Aucune décision n’a donc été prise aujourd’hui. »

Et d’ajouter qu' »au-delà des fluctuations et d’un contexte géopolitique toujours changeant, il est essentiel pour l’Europe de développer des technologies stratégiques critiques, qui nous permettent d’être un partenaire solide pour la coopération internationale. »

Dans 50 ans, nous aurons certainement colonisé la Lune. Une économie importante se développera sur ce nouveau continent »