En revanche, en montagne, un léger sentiment d’inachevé persiste. Le Belge n’était clairement pas à 100 % et n’a pas été en mesure de rivaliser pleinement avec Jonas Vingegaard. Certaines sources internes évoquent pourtant des données issues de son stage au Teide qui auraient laissé penser qu’il pouvait suivre le Danois. Mais cela reste de l’ordre de la spéculation : de nombreux facteurs — comme le vent, la condition du jour ou encore le poids de Vingegaard — influencent fortement la performance. Entre théorie et réalité, l’écart peut être significatif.

En se mettant au service de Lipowitz après sa chute, Remco a été intelligent.

L’un des enseignements les plus positifs de cette épreuve est sans doute la collaboration entre Evenepoel et Florian Lipowitz. Après sa chute, alors qu’il n’avait plus d’ambitions personnelles au classement, Evenepoel a choisi de se mettre au service de son coéquipier. Un geste à la fois intelligent et révélateur de son esprit d’équipe. Il a ainsi démontré qu’il pouvait se sacrifier pour le collectif. Cela dit, il serait erroné d’y voir une redéfinition de son rôle : l’équipe dirigée par Ralph Denk ne l’a évidemment pas recruté pour être un simple équipier. À 100 %, la hiérarchie aurait été tout autre.

Par ailleurs, en Flandre, plusieurs médias se sont interrogés sur l’absence d’Evenepoel au départ du Tour des Flandres. Au vu de sa forme actuelle, il aurait sans doute eu les moyens de rivaliser avec des coureurs comme Tadej Pogacar ou Mathieu van der Poel. L’imaginer au départ du Ronde, c’est excitant. Mais son objectif principal reste clair : remporter le Tour de France. Un choix stratégique qu’il convient de respecter.

Voici comment Remco Evenepoel va préparer les classiques ardennaises : « Le Tour des Flandres ? Ce n’est pas pour cette année »

Il ne faut pas oublier qu’Evenepoel a déjà remporté la Vuelta en 2022 et qu’il a terminé sur le podium du Tour 2024. Il est donc logique qu’il vise désormais encore plus haut. Seul l’avenir dira si cette orientation de carrière était la bonne. Sur le plan de ses qualités intrinsèques, il possède indéniablement le potentiel pour gagner un autre grand tour. Tout dépendra toutefois de nombreux paramètres : le parcours, la concurrence, et les circonstances de course. Mais à partir du moment où Remco est convaincu qu’il peut y arriver, il est difficile de remettre son ambition en question.