Dépister en masse pour réduire de 25 % la mortalité cardiovasculaire prématurée d’ici 2035 : c’est l’objet de la proposition de loi portée par le député de l’Isère et ancien ministre de la Santé Yannick Neuder. Le texte, approuvé ce mercredi en commission des affaires sociales, prévoit de mobiliser les pharmaciens : la loi, en discussion à l’hémicycle la semaine prochaine, permettrait aux officinaux de mesurer la pression artérielle des patients à risque, au même titre que les kinésithérapeutes. Une mesure attendue des syndicats, qui souhaitent construire une prise en charge officinale rapide et efficace, permettant, entre autres, au patient d’être orienté vers un laboratoire de biologie médicale et un médecin généraliste.
L’officine, porte d’entrée vers le parcours de soins
Le public visé est large : quelque 6 millions de Français souffrent sans le savoir d’hypertension artérielle. Ce retard de diagnostic est lourd de conséquences : un infarctus ou un accident vasculaire cérébral intervient toutes les deux minutes en France. Chaque année, les maladies cardiovasculaires provoquent 140 000 décès, représentant ainsi la deuxième cause de mortalité derrière les tumeurs. Elles occasionnent également 1,2 million d’hospitalisations par an, pour un coût exorbitant de 20 milliards d’euros.
Prévention tous azimuts
Construite avec les sociétés savantes, les associations de patients et les mutuelles, la proposition de loi comporte d’autres mesures importantes, comme l’obligation du dépistage cardiovasculaire dans les programmes de prévention contre l’hypertension, le diabète et le cholestérol. Les femmes, dont 200 décèdent chaque jour d’une maladie cardiovasculaire du fait d’un grand retard de diagnostic, seraient ainsi dépistées à chaque rendez-vous médical important – contraception, prééclampsie, ménopause. – Le texte de loi prévoit également un dépistage obligatoire des salariés, lors de la visite médicale de mi-carrière.