La Défense ne confirme toutefois pas cette information: « Dans le cadre de précédentes études de marché relatives à une éventuelle acquisition d’hélicoptères de transport lourd, la Défense belge a, par le passé, eu des contacts avec différents fabricants, dont Sikorsky. Ces contacts s’inscrivaient dans une phase générale de collecte d’informations et ne constituent ni un engagement formel ni une procédure d’acquisition en cours. Selon la vision stratégique de la Défense, l’achat de tels appareils reste prévu pour un horizon lointain, de sorte que la procédure d’achat n’a pas encore été lancée. »

11 appareils, 1,3 milliard € de budget

Dans cette vision stratégique, le premier engagement budgétaire pour ce projet est fixé à 2033, pour un budget total de 1,3 milliard d’euros.

Ces hélicoptères lourds, capacité que la Belgique s’est engagée à fournir à l’OTAN, seront principalement destinés au transport des forces spéciales et de leur matériel, ainsi qu’à l’évacuation médicale héliportée.

En commission Défense, en juillet dernier, le ministre Theo Francken (N-VA) citait le chiffre de 11 appareils, précisant que le type d’engins n’avait pas encore été choisi, mais « il pourrait s’agir de Chinooks ou d’une alternative ».

Avantage aux constructeurs américains

Le CH-47 Chinook, de l’Américain Boeing, reconnaissable à nul autre pareil avec son double rotor en tandem, a l’avantage de déjà voler en Europe au sein des forces néerlandaises, qui ont modernisé récemment leur flotte, ou britanniques, entre autres. C’est actuellement la plateforme standard du transport lourd au sein de l’OTAN, son « bourreau de travail ».

L’armée allemande en a aussi commandé 60, à livrer à partir de 2027, au détriment du CH-53K King Stallion, l’autre candidat en lice qui est utilisé par le Corps des Marines américains pour qui il a été conçu et Israël.

Dans le secteur du transport lourd tactique, les constructeurs européens semblent à la traîne, le H225M Caracal d’Airbus étant trop léger tandis que l’AW101 Merlin de l’italien AgustaWestland semble être une plateforme plus polyvalente qu’un transporteur lourd pur jus.

Si l’acquisition d’hélicoptères de transport lourd est donc en projet et fait l’objet de rumeur, le marché n’a pas encore été lancé. L’avenir nous dira le choix qui sera opéré.

Et pour la recherche et le sauvetage en mer ?

Dans une autre catégorie, des hélicoptères de Sikorsky, le MH60R Seahawk ou le S-92, pourraient être en lice pour assurer les missions de recherche et sauvetage en mer (SAR) depuis la base de Coxyde.

La Défense a lancé un marché pour acheter quatre appareils dédiés aux missions SAR, permettant ainsi aux quatre NH-90 NFH (version marine) qui s’en occupent actuellement de se concentrer sur ses missions navales réalisées depuis les frégates (lutte anti-sous-marine notamment).

« La Belgique vise un ancrage européen mais le partenariat transatlantique reste essentiel »

À ce sujet, la Défense assure n’entretenir aucun contact direct avec l’industrie. « L’acquisition est entièrement guidée par les exigences et réalisée via la NSPA (la NSPA est l’agence de l’OTAN qui achète et gère du matériel pour les pays membres, et réalise à ce titre l’étude de marché, l’appel d’offres et l’évaluation entièrement au nom des États membres), sans préférence préalable pour un type ou un fabricant. Les candidats peuvent proposer toute plateforme répondant à ces exigences. »

Et de poursuivre: « La Belgique vise un ancrage européen et un renforcement de l’autonomie stratégique, mais le partenariat transatlantique reste essentiel: les systèmes américains ne sont pas exclus. La Défense suit les procédures en vigueur et ne communique qu’après une prise de décision formelle. »

C’est aussi via la NSPA de l’OTAN que la Belgique a acheté les H145M. À Beauvechain, ces hélicoptères remplaceront les A-109 qui partiront à la retraite à partir de 2027, après 35 ans de service. Mais aussi les quatre NH-90 TTH de transport tactique moyen qui ne sont pourtant entrés en fonction qu’en 2013. Mais selon la Défense, ils se sont révélés trop coûteux à utiliser et à entretenir. Après plusieurs années d’errance – l’ancienne ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) ayant laissé planer le doute sur leur futur – Theo Francken a tranché, les retirant du service à partir de septembre dernier.

La flotte d’hélicoptères de la Défense est, on l’aura compris, en pleine mutation.