Après deux doublés, Aprilia pourrait difficilement faire la fine bouche. Oui, la moto de Noale s’est affirmée comme la référence en ce début de championnat, et les résultats le démontrent aisément. Personne n’arrive à battre Marco Bezzecchi le dimanche, Jorge Martín a lui-même renoué avec la victoire et n’a jamais quitté le top 5 depuis la première course de la saison, et les performances d’Ai Ogura et de Raúl Fernández font écho à cette compétitivité, bien que de façon plus ponctuelle.

Aprilia ne peut non plus ignorer l’inquiétude qui se fait de plus en plus lisible sur les visages chez Ducati. Malgré les éléments annexes pouvant contribuer à rendre l’analyse moins binaire – un Márquez qui n’est pas au top de sa forme, des pénalités, des chutes et quelques erreurs -, Davide Tardozzi lui-même concède que la hiérarchie a changé et que Ducati est désormais en position de chasseur.

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Massimo Rivola affûte son analyse à chaque trophée collecté par ses pilotes et, en bouclant le week-end d’Austin les valises pleines de récompenses, il s’est lui aussi rendu à l’évidence : Aprilia est devant. « Je pense qu’il est clair à présent que, jusqu’ici, l’Aprilia est la meilleure moto », s’est-il laissé à affirmer au site officiel du MotoGP à l’arrivée du GP des Amériques.

« Il est clair que, cette année, la moto est absolument performante », a ensuite déclaré le PDG d’Aprilia Racing un peu plus posément à Sky Sport MotoGP, diffuseur italien du championnat. « Je ne veux pas paraître arrogant, mais je ne suis pas tellement surpris car les chiffres montraient que la moto était compétitive. Et désormais, jour après jour, je dois dire que la moto est rapide un peu partout. »

L’Aprilia est la moto de référence. De là à dire que nous sommes favoris, non : nous sommes devant à l’heure actuelle, et basta.

Le patron de Noale ne se défait toutefois pas de sa prudence habituelle. Pas question pour lui de se lancer dans de grandes déclarations d’intention alors qu’il reste 19 Grands Prix à disputer : son approche reste d’avancer pas à pas.

« Nous allons maintenant à Jerez, où beaucoup de monde a fait des tests, et nous aussi un petit peu, et nous verrons où nous nous situons. Mais pour le moment, je me sens de dire que l’Aprilia est la moto de référence. On n’a peut-être pas l’habitude de nous entendre dire ça, mais c’est ce que disent les chiffres aujourd’hui. De là à dire que nous sommes favoris, non : nous sommes devant à l’heure actuelle, et basta. »

Jorge Martin, Aprilia Racing Team, Marco Bezzecchi, Aprilia Racing

Deux doublés en trois Grands Prix pour Aprilia !

Photo de : Steve Wobser / Getty Images

Le championnat entre à présent dans une pause inattendue, provoquée par la Guerre d’Iran, avant de retrouver une piste de Jerez effectivement souvent citée en indicateur fiable du niveau de chacun. Cette coupure suivie par le transfert en Europe ne risquent-ils pas de casser la dynamique d’Aprilia ?

« Normalement, les longues pauses aident plutôt ceux qui sont en chasse et non ceux qui sont devant », a souligné Massimo Rivola, « mais je dois dire qu’avoir un minimum de break… Nous sommes arrivés ici en étant un peu en apnée. Nous étions déjà à fond en arrivant à Sepang, nous avons voulu forcer les derniers développements aéro jusqu’au dernier jour, nous avons beaucoup stressé l’usine, Noale a fait un travail incroyable, et voir que c’est récompensé comme cela, ça me fait vraiment plaisir. »

Deux coqs dans le stand Aprilia ?

Si cette compétitivité de la RS-GP se confirme à la reprise, le patron d’Aprilia Racing pressent que ses pilotes ont encore une certaine marge à exploiter pour continuer à briller en piste : « Je crois que Jorge va encore progresser. Et je crois que Marco doit encore faire un step le samedi ; il est l’homme du dimanche, mais lorsqu’il sera aussi devenu celui du samedi, il sera impressionnant. »

Marco Bezzecchi, Aprilia Racing

Marco Bezzecchi, leader du championnat

Photo de : Steve Wobser / Getty Images

« Je dois dire que quand il fait une erreur le samedi, le dimanche il réagit en champion. C’est un très bon signal », a ajouté le responsable italien. « Concernant Jorge, je ne pense pas que ce soit seulement une question physique, mais il lui manque encore cette dernière once de confiance pour être super explosif comme il sait l’être. »

Voilà qui laisse présager une confrontation de plus en plus forte entre deux pilotes qui, lors de leur première saison chez Aprilia, vivaient deux situations radicalement différentes.

« Comme on se l’était dit en début d’année, je pensais avoir quelques problèmes de gestion à un moment donné, et je crois que ça va venir vite ! », a admis Massimo Rivola. Comment va-t-il gérer cela ? « Je ne sais pas, on va y réfléchir. Tous les deux sont parfaitement libres de courir tant que les chiffres n’auront pas condamné l’un ou l’autre. Mais ce qui m’intéresse, c’est uniquement qu’il y ait respect entre eux en piste, et ça ils le savent très bien. »

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