
Plan quartiers militaires 2025 ©IPM Graphics
« Le dernier Plan remonte à 2021. Il ne tenait pas compte de l’évolution du contexte géopolitique et de la croissance de la Défense, a expliqué le général Vanheste. Un nouvel élément dont on tient compte, c’est la résilience. On doit disperser nos unités sur le territoire. On ne va pas stocker toutes les munitions au même endroit… On veut aussi une répartition géographique équilibrée en fonction de la démographie. »
« Pour que le plan soit réaliste au niveau du timing et du coût, on va utiliser au maximum les quartiers existants et leur potentiel », a-t-il ajouté.
Du neuf à Charleroi et Lessive
La Défense va ainsi passer de 36 à 49 quartiers clés (la Défense possède aussi d’autres sites, plus anecdotiques) d’ici à 2034 – et même à 51 à plus long terme. Onze de ces quartiers, qui n’étaient plus utilisés par l’armée, seront réactivés. Tandis que deux seront des constructions neuves. Il s’agit, d’une part, du « quartier du futur » à Charleroi, sur l’ancien site de Carsid. Et, d’autre part, d’un quartier destiné à la formation et à l’entraînement sur l’ancien site des RTT à Lessive (commune de Rochefort), qui doit encore être acquis.
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Le Plan quartiers 2021 prévoyait la construction de deux « quartiers du futur », un dans le Hainaut, l’autre en Flandre-Orientale. Le précédent gouvernement avait arrêté les villes de Charleroi et Grammont, avant que cette dernière ne soit abandonnée par l’exécutif actuel au profit d’Ursel (commune d’Aalter), où se trouve déjà un vieil aérodrome militaire.
« Le choix de Grammont avait peut-être un lien avec le lieu de domicile de l’ancien Premier ministre », a ironisé Theo Francken. Alexander De Croo est en effet originaire de Brakel, la commune voisine. « Mais, dès le début, ce n’était pas réaliste » compte tenu de l’impact environnemental du projet.
Le projet d’Ursel sera cependant bien plus modeste que celui de Charleroi. « Je peux confirmer qu’Ursel ne deviendra pas un grand quartier avec 4 000 personnes, a dit le général Vanheste. Ce sera un quartier avec une occupation moyenne, d’environ mille personnes. » Le site deviendra la base d’une unité de défense aérienne de moyenne altitude (Nasams).
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Le choix de l’implantation des quartiers du futur visait dès le début à renforcer la présence de la Défense à l’ouest du pays. Sa présence plus marquée à l’Est s’explique par la menace qui venait surtout d’Allemagne durant la première moitié du XXe siècle. Le Plan quartiers 2025 poursuit – un peu – ce mouvement de rééquilibrage Ouest-Est. « C’est un pas dans la bonne direction, mais c’est encore trop maigre. La répartition reste déséquilibrée », a jugé le député Kjell Vander Elst (Anders), mercredi.
guillement
Si Tupperware demande de s’installer à Peutie, ce sera non. C’est réservé à l’industrie de la défense.
Le Plan quartiers envisage deux implantations supplémentaires dans le Hainaut, dont les lieux ne sont pas encore arrêtés. Un terrain situé à Ghlin (Mons) est cité avec insistance comme zone d’entraînement. Un second site hennuyer pourrait, lui, accueillir la défense aérienne de haute altitude (de type Patriot ou SAMP/T). Tandis que l’aérodrome de Cerfontaine (province de Namur), près des lacs de l’Eau d’Heure, est envisagé après 2035 pour accueillir une future unité de pontage.
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Enfin, le Plan prévoit la mise à disposition d’espaces dans certains quartiers militaires pour des entreprises actives dans le secteur de la défense. « Si Tupperware demande de s’installer à Peutie, ce sera non, a plaisanté Theo Francken. C’est réservé à l’industrie de la défense. »
Le détail des travaux envisagés pour chaque infrastructure et les budgets afférents ne sont pas encore connus.
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