Environ 4 millions d’euros

Le rapport indique que Mike Radossich exerce sa fonction de CEO comme indépendant en Belgique, tout en conservant un contrat de travail aux États-Unis pour refléter ses responsabilités opérationnelles.

Sa rémunération fixe annuelle est fixée à 1,4 million de dollars, soit 1 191 400 euros pour les besoins du rapport. Syensqo précise que ce montant « inclut la rémunération fixe de base au titre de son contrat de travail américain de 360 000 dollars ».

La rémunération prévue du nouveau CEO Mike Radossich.La rémunération prévue du nouveau CEO Mike Radossich.La rémunération prévue du nouveau CEO Mike Radossich. ©Syensqo

À cette base s’ajoute une rémunération variable classique : un bonus annuel cible (STI) de 100 % du fixe, avec un minimum de 0 % et un maximum de 200 % de l’objectif fixé, et une rémunération de long terme (LTI) cible équivalente à 150 % du fixe.

« Ils ont été crédules » : la débâcle boursière de Syensqo ravive les critiques sur les bonus « extravagants » d’Ilham Kadri

Le rapport affiche ainsi une rémunération directe totale théorique pouvant aller jusqu’à 4,169 millions d’euros.

La rémunération totale théorique peut aller jusqu’à 4,169 millions d’euros.

On est donc très loin, à ce stade, des montants alloués à Ilham Kadri.

Belgian Prime Minister Alexander De Croo and Syensqo CEO Ilham Kadri pictured during the opening of the headquarters of Syensqo, spin-off from Solvay, in Brussels, Wednesday 24 January 2024. In December 2023 Solvay was de-merged into two independent entities, Syensqo will continue the development of specialty materials, while Solvay will focus on so called 'essential solutions'. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNEBelgian Prime Minister Alexander De Croo and Syensqo CEO Ilham Kadri pictured during the opening of the headquarters of Syensqo, spin-off from Solvay, in Brussels, Wednesday 24 January 2024. In December 2023 Solvay was de-merged into two independent entities, Syensqo will continue the development of specialty materials, while Solvay will focus on so called 'essential solutions'. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNEIlham Kadri, lors de l’inauguration du site de Syensqo, en décembre 2023, avec le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD)L’effet « actionnaires mécontents » ?

Le groupe prend d’ailleurs soin de justifier ce package en des termes beaucoup plus sobres que par le passé. Le rapport souligne que « la rémunération est alignée sur la médiane de notre groupe cible » et que « les conditions de départ de 12 mois figurent dans les limites fixées » par le Code belge des sociétés et des associations.

guillement

« La rémunération d’Ilham Kadri a été validée à une autre époque, par un autre Conseil d’administration. »

L’entreprise rappelle que « la rémunération d’Ilham Kadri a été validée à une autre époque, par un autre Conseil d’administration », et que cela n’a donc « plus rien à voir ». De quoi rassurer les actionnaires mécontents, dont Solvac, qui avait réagi face à la débâcle boursière, bien que prudemment, début mars.

Le point sensible : l’égalisation fiscale

Autre différence importante entre les deux dirigeants : la nature et l’ampleur du mécanisme fiscal.

Pour Mike Radossich, Syensqo mentionne bien un mécanisme d’égalisation fiscale mais en l’encadrant immédiatement. Le rapport indique qu' »en raison de la mobilité internationale de M. Radossich », son contrat comprend « un mécanisme d’égalisation fiscale des revenus professionnels ». Mais la société ajoute aussitôt que cette approche « n’entraîne pas de paiement net supplémentaire pour le CEO et ne modifie pas la structure sous-jacente de sa rémunération ».

Prime de rétention ou indemnité déguisée ? Le départ d’Ilham Kadri de Syensqo interroge

Autrement dit, Syensqo cherche clairement à désamorcer toute comparaison hâtive avec le dossier Kadri, alors que ce mécanisme est à l’origine d’une explosion des coûts, avec plus de 7 millions d’euros supplémentaires à payer cette année (pour 2025, ainsi que 2024, car le montant n’avait pas encore été payé).

C’est ce point qui a fait basculer la facture totale autour de 40,4 millions d’euros pour 2025, si l’on additionne rémunération, indemnités exceptionnelles, prime de rétention future et égalisation fiscale.

Une succession apaisée ?

Le signal envoyé par Syensqo est donc assez clair : avec Mike Radossich, le groupe veut revenir à une structure de rémunération plus conventionnelle et plus défendable devant les actionnaires (dont l’actionnaire de contrôle Solvac – qui détient environ 31% des parts – et les petits actionnaires qui « veulent tourner la page », entend-on).

Cela ne veut pas dire que le nouveau CEO sera « bon marché ». Avec un fixe à près de 1,2 million d’euros, un bonus cible de 100 % et un LTI à 150 %, son package potentiel reste celui d’un grand patron de société cotée internationale.

Avec Mike Radossich, présent chez Syensqo (et auparavant Solvay ainsi que la filiale rachetée Cytec) depuis de nombreuses années, Syensqo essaie donc d’installer un autre récit : celui d’un CEO maison, expérimenté, moins « flamboyant » de prime abord, mais rémunéré dans le cadre d’un « benchmark » raisonnable, avec des conditions de départ limitées à 12 mois et un mécanisme fiscal présenté comme relativement neutre.