Moins de 24 heures plus tard, Michel Onfray — philosophe érudit, autrefois respecté — répondait à « l’allégance » (au suffrage démocratique) citée par le nouveau maire de Saint-Denis en convoquant dans son propos les termes « tribu primitive », « femelles » ou »mâle dominant ». Il s’agissait de dire qu’on n’était plus, évidemment, dans ce type de régime. Il n’empêche que les mots ont choqué. Même le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a dit sa stupéfaction, devant la polémique qui enfle.
Soyons clairs : les Insoumis nous inquiètent. Flirtant avec l’antisémitisme, portant un projet dégagiste et quasi-révolutionnaire, ils, leur leader maximo en tête, contribuent à la bordélisation d’un pays plus clivé que jamais. L’une des premières décisions de Bally Bagayoko — désarmer la police municipale dans une ville rongée par la violence et le narcotrafic — nous semble d’ailleurs être une faute lourde, peut-être historique. Une « meute », comme certains les appellent ? Le mot n’est pas totalement usurpé.
Mais l’autre meute, celle de la France rance, du racisme pur et décomplexé, qui voit en Bally Bagayoko un noir, voire un sale noir – disons clairement ce qu’ils ont en tête – avant d’y voir un maire est, elle, encore plus délictuelle, indigne et surtout dangereuse.