On ne dénombre pas moins de 21 complications et pathologies associées à l’obésité. Troubles cardiovasculaires, hypertension, diabète, trouble de la fertilité, arthrose, apnée du sommeil… Des comorbidités qui ont des répercussions directes sur la qualité de vie des malades, et même sur leur espérance de vie.

Les comorbidités associéesCardiométaboliques : diabète de type 2, hypertension artérielle, cardiopathie ischémique, insuffisance cardiaque, fibrillation atriale, accident vasculaire cérébral, insuffisance rénale, goutteRespiratoire/sommeil : asthme, apnée du sommeilDigestif/hépatobiliaire : stéatose hépatique non alcoolique, reflux gastro‑œsophagien, maladie de la vésicule biliaireMusculosquelettiques : arthrose, lombalgie chroniqueNeurologique : dépressionInfectieux : infections cutanées et des tissus mousCancers associés à l’obésité : cancer colorectal, cancer du foie, du rein et de l’endomètre

Source : Strandberg T., « Obésité et multimorbidité complexe »

Vers des entretiens spécifiques ?

Pour les pharmaciens, l’enjeu est considérable. « Ce sont les professionnels de santé que les patients rencontrent le plus fréquemment, tout au long de leur vie », souligne Maxime Lasserre, pharmacien et auteur d’une thèse sur « L’accompagnement du pharmacien d’officine dans le parcours de soins du patient obèse ». Dans son enquête, 97 % des personnes interrogées estiment que le pharmacien a un rôle à jouer dans « la prise en charge de l’obésité, notamment à travers un suivi structuré reposant sur la réalisation d’entretiens pharmaceutiques ».

Mieux encore, 64,5 % des patients obèses se déclarent prêts à solliciter leur pharmacien si celui-ci est spécifiquement formé à cette pathologie. Mais c’est là que le bât blesse : rares sont les officinaux aptes à la prendre en charge. Un paradoxe, alors même qu’une large majorité d’entre eux se disent intéressés par ce type de formation.

Compléter la formation initiale

« La formation initiale des pharmaciens aborde peu l’obésité, d’où la nécessité de la compléter, souligne la Dre Myriam Rosilio (Lilly France). En première ligne, le pharmacien aide le patient à comprendre la maladie, son parcours de soins et l’oriente, si besoin, vers les structures spécialisées. » Maxime Lasserre va plus loin, soulignant la nécessité de structurer et de rendre lisible le rôle du pharmacien d’officine dans ce parcours de soins.

« La place idéale de ce dernier serait celle d’un professionnel de santé de proximité, pleinement intégré dans la prise en charge du patient obèse. Cette proximité permettrait une détection précoce, notamment chez ceux qui consultent régulièrement l’officine pour des comorbidités associées, sans être engagés dans un parcours spécifique. »

Autres épisodes de la série

Épisode 1 : Médicaments anti-obésité, nouvelle ère thérapeutique. Les nouveaux traitements ont bouleversé la prise en charge de l’obésité, mais le remboursement n’est pas encore acté.