Le cas Lukaku : « Il a besoin de jouer »
Le Diable qui a fait le plus parler n’était pas là. Pas encore à 100 %, Romelu Lukaku est resté en Belgique pour se soigner, provoquant la colère de Naples dont le staff médical a été humilié par procuration. « La santé de Romelu ne m’inquiète pas. Il sera prêt sur le plan physique. Mais il a besoin de temps de jeu. Depuis janvier, il n’a disputé que 63 minutes et, par nature, Romelu a besoin de rythme. »
Pour jouer, il faudra que les relations s’apaisent avec Naples. « Il est dans l’intérêt de tous que l’ambiance reste positive. Notre staff médical est en contact permanent avec Romelu, encore ce matin (NdlR : mardi). » Selon la presse italienne, Lukaku devrait rentrer en Italie le 10 avril.
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En attaque, on suit aussi Cuypers et Mirisola de Genk.
Et si Big Rom n’était pas prêt cet été ? « Trouver une doublure à Romelu est un grand défi. Openda a peu de temps de jeu, Stassin joue en D2, Vermant n’est pas titulaire à Bruges. Il y a aussi Cuypers qui joue ici à Chicago et on suit également de près l’évolution de Mirisola à Genk. »
La sélection de Garcia : « 18 places sont déjà prises »
On a vu un Rudi Garcia détendu pendant ce stage, même blagueur par moments. « L’une de ses forces, c’est sa capacité à rester calme quand un événement échappe au contrôle. Pendant les matchs, son tempérament de feu ressort et c’est une source d’énergie pour l’équipe. Il reste méditerranéen, mais il s’est ouvert à la Belgique. »
Le pied gauche de Dodi Lukebakio a donné une autre allure à la tournée américaine des Diables rouges
Une ouverture sur notre pays qui ne se voit pas en Pro League, où il n’est pas souvent là. « À son arrivée, il a réalisé une évaluation en profondeur de notre championnat. Il le fait moins aujourd’hui parce qu’il se concentre sur sa sélection de 26. Je pense que 18 places sont déjà prises ou quasi acquises. Il en reste donc huit à distribuer. Personne n’est écarté. Les petits nouveaux au stage ont fait belle impression et des garçons comme Fofana et Moreira sont là aussi. Ils devront quand même retrouver leur forme physique. »

Rudi Garcia transmet de l’énergie à son groupe, selon Vincent Mannaert. ©VKAL’ambiance : « Comme avant les smartphones »
On a subodoré une bonne atmosphère dans le groupe pendant ce stage. Une impression que Mannaert confirme, lui qui a vécu avec l’équipe. « Les joueurs sont en train de tisser des liens forts. Après les repas, ils restaient à table pour bavarder. C’est toujours bon signe. Le décalage horaire joue aussi en notre faveur. Le soir aux USA, c’est la nuit en Belgique et ils n’ont plus de contacts avec leurs proches. Ils n’étaient donc pas la tête dans leur téléphone. L’ambiance ressemblait à celle d’avant les smartphones. »
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Garcia a installé deux grandes tables, une pour le staff et une pour les joueurs.
Les jeunes du groupe, comme De Cat, Godts et Ngoy, ont vite trouvé leurs marques. « Ils ont été bien intégrés. Il y a de la bienveillance dans l’équipe. Beaucoup sont bilingues, même parfois parfaitement. Il n’y a plus de groupes linguistiques comme avant. La décision de Garcia de changer la disposition des repas aide aussi. Avant, il y avait de petites tables rondes. Maintenant, il n’y a plus que deux grandes tables : une pour le staff et pour les joueurs. La cohésion était bonne, elle s’est encore améliorée en stage. »
L’organisation : « Le respect des horaires sera primordial »
Les Diables ont découvert la lenteur américaine, sur les routes et aux aéroports. « Quelques détails restent à régler dans l’organisation. Le respect des horaires est aléatoire ici. Pendant la Coupe du monde, contrairement au stage, c’est la FIFA qui aurait la mainmise sur beaucoup de choses. Cela dit, la FIFA a quand même géré le contrôle antidopage à Atlanta et c’était compliqué aussi (NdlR : notamment un manque de matériel pour les prises de sang). Certaines choses doivent encore être coordonnées, comme le point d’arrivée des bus au stade. »
Les Diables pourraient même avoir servi de « rats de laboratoire », selon Mannaert. « Je soupçonne la FIFA d’avoir utilisé ce stage comme un test. Nous avons transmis tous nos retours et nous espérons que la FIFA pourra prendre les mesures nécessaires au Mondial. Le respect des horaires est primordial dans un tournoi avec 48 équipes dans trois pays. »
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La Belgique n’est pas sur une liste rouge ou noire de l’administration Trump.
Justement, les Diables devront traverser la frontière canadienne pour affronter la Nouvelle-Zélande à Vancouver le 26 juin. « Les procédures douanières seront un enjeu majeur. La politique de l’administration Trump marque une rupture nette avec le passé. Je pense qu’il n’y aura pas trop de soucis pour nous quand même. La Belgique n’est pas sur une liste rouge ou noire. »
La situation de l’Iran : « On scoute aussi les Émirats arabes unis »
L’Iran sera-t-il bien le deuxième adversaire des Diables le 21 juin à Los Angeles ? Mannaert est prudent mais optimiste. « Je pars du principe que oui. Je pense que la FIFA espère que le conflit sera résolu avant le tournoi. La seule chose dont on est sûr, c’est que le lieu de la rencontre ne sera pas modifié (NdlR : il avait été question d’un déménagement des matchs de l’Iran au Mexique). »
« L’Iran sera à la Coupe du monde », affirme Gianni Infantino !
Et si l’Iran n’était finalement pas là, la fédération prépare le plan B. « On étudie aussi les adversaires qui pourraient remplacer l’Iran en cas de forfait. Donc l’Irak (NdlR : qui s’est qualifié directement dans la nuit après l’entretien) et les Émirats arabes unis. On analyse les matchs via des plateformes de scouting spécialisées. »