Chaque année, le 2 avril, la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme est l’occasion de mieux comprendre ce trouble du neurodéveloppement qui, selon l’Inserm, concerne environ 700 000 personnes en France. Si les recherches portent souvent sur le diagnostic ou l’accompagnement, certaines études récentes s’intéressent aussi au lien possible entre l’autisme et certaines maladies neurodégénératives.

Une étude publiée dans Jama Neurology par l’Institut Karolinska, suggère notamment un risque accru de maladie de Parkinson chez les personnes autistes et explore les mécanismes biologiques qui pourraient expliquer cette association.

Un risque plus élevé de maladie de Parkinson chez les personnes autistes

L’étude suédoise repose sur un suivi exceptionnel : plus de deux millions de personnes nées entre 1974 et 1999, observées jusqu’en 2022. Les résultats montrent que les participants ayant reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA) présentaient un risque significativement plus élevé de développer une maladie de Parkinson à début précoce.

Le saviez-vous ?

Chaque année, entre 7 500 et 15 000 enfants naissent avec un TSA. Et si l’on élargit aux troubles du neurodéveloppement, on monte à 1 personne sur 6.

En 2026, la Journée mondiale de l’autisme met l’accent sur l’inclusion et la reconnaissance de la neurodiversité. Le thème retenu par l’ONU, « Autism and Humanity – Every Life Has Value », vise à rappeler la dignité et les droits des personnes autistes et leur contribution à la société. Cette journée internationale, instaurée par les Nations unies en 2007, est aujourd’hui célébrée dans plus de 100 pays, avec des actions de sensibilisation, des conférences scientifiques et des initiatives en faveur de l’inclusion scolaire et professionnelle.

Selon les chercheurs, ce risque serait environ quatre fois plus élevé que dans la population générale, même après prise en compte de facteurs comme la situation socio-économique ou les antécédents familiaux.

Le chercheur Weiyao Yin explique : « Cela indique l’existence de mécanismes biologiques communs à l’autisme et à la maladie de Parkinson. Une hypothèse est que le système dopaminergique du cerveau est affecté dans les deux cas. »

L’autisme est un trouble du développement très majoritairement masculin. © Hepingting, CC by-nc 2.0

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L’autisme, ce trouble neuro-développemental

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Toutefois, les auteurs rappellent un point essentiel : la maladie de Parkinson avant 50 ans reste rare, y compris chez les personnes autistes. Après ajustement pour certains facteurs comme la dépression ou la prise de psychotropes pouvant induire des symptômes parkinsoniens, le risque restait environ deux fois plus élevé, ce qui confirme l’intérêt de poursuivre les recherches.

Pour Sven Sandin, co-auteur de l’étude : « Les services de santé doivent assurer un suivi à long terme des personnes atteintes de TSA, un groupe vulnérable présentant une forte comorbidité. »


Et si la dopamine, dont les altérations sont bien établies dans la maladie de Parkinson, jouait aussi un rôle dans l’autisme ? © Kateryna_Kon, Adobe Stock

La dopamine, une piste biologique commune

La dopamine est un neurotransmetteur essentiel impliqué dans le contrôle des mouvements, la motivation et certains comportements sociaux.

Dans la maladie de Parkinson, la destruction progressive des neurones dopaminergiques est un mécanisme bien connu. Or, plusieurs travaux suggèrent que des anomalies de la dopamine pourraient également exister dans l’autisme.

L'autisme est de mieux en mieux pris en charge. © EvgeniiAnd, Adobe Stock

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Autisme : est-il vrai qu’il est possible de guérir ?

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Dans une publication parue dans Autism Research, des chercheurs de l’Université du Missouri ont utilisé un scanner spécifique (Spect DaT), habituellement réservé au diagnostic de Parkinson chez des patients plus âgés, pour étudier de jeunes adultes autistes. Leurs observations ont montré des anomalies du transport de la dopamine chez certains d’entre eux.

Ces résultats restent exploratoires : l’étude ne permet pas de dire que ces anomalies entraîneront forcément une maladie de Parkinson. En revanche, elles pourraient représenter des marqueurs précoces permettant de mieux comprendre l’apparition de certaines maladies neurologiques.

Comme le rappelle David Beversdorf, clinicien au Thompson Center for Autism and Neurodevelopment : « Bien qu’il soit trop tôt pour tirer des conclusions, nous espérons que nos travaux sensibiliseront à l’importance de surveiller la santé cérébrale des jeunes adultes autistes à mesure qu’ils vieillissent. »

À terme, ces recherches pourraient permettre de mieux comprendre les mécanismes communs entre troubles du neurodéveloppement et maladies neurodégénératives, mais aussi d’ouvrir la voie à des stratégies de prévention plus précoces.