Le conseiller déplore d’abord une dangerosité d’un point de vue sanitaire puisque, si l’animal est probablement mort à la suite d’un choc avec un véhicule, « nous ne connaissons pas l’état de santé de la bête qui a été déplacée d’une commune voisine sur la nôtre, reprend Philippe Cara. D’autant que, dans le rapport, il est notéque ce n’est pas la première fois que ça arrive. » Le conseiller ajoute que la présence du loup à Wibrin est avérée. « Je m’interroge sur la volonté de vouloir maintenir le loup de manière artificielle par un nourrissage récurrent via des carcasses d’animaux sauvages, ce qui est interdit. »

Plusieurs noms cités

Philippe Cara évoque aussi des problèmes de sécurité, « à tout le moins pour le cheptel ovin et bovin. Il y a quelques jours, un propriétaire m’a dit qu’une attaque avait eu lieu sur un troupeau de moutons et que c’était bel et bien le loup qui en était l’auteur selon les analyses réalisées. » Il affirme que le rapport du DNF ne s’arrête pas là, « puisque, l’enquête ayant été rondement menée, le nom du propriétaire de la parcelle sur laquelle le loup a été vu en train de manger le cerf est cité et il affirme très clairement qu’il a vu la bête et que ça ne le dérange pas. On cite également d’autres personnes qui auraient pris part à ces exactions. Je ne veux évidemment incriminer personne. Mais si le loup est un animal sauvage, il est nourri par la main de l’homme. Est-ce que l’intention est réellement d’aller nourrir le loup ? Je vous laisse seuls juges, mais je suis méchamment interpellé. On sait que l’argent public sert à établir des protections quand un loup est fixé quelque part et si c’est le cas ici, des gens ont une responsabilité. »

« Quelque chose se trame »

L’échevin Francis Marville demande alors si c’est bien le service travaux de Gouvy qui devait enlever la carcasse. « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, répond le conseiller. Le rapport d’enquête s’est arrêté là. Il y a quelque chose qui se trame.Si le loup trouve naturellement un territoire adapté, avec des ressources nourricières suffisantes, aucun problème, mais ici, nous sommes sur autre chose. La carcasse a fait 15 kilomètres. C’est un daguet d’un an qui doit peser 140 kg. » Philippe Cara demande au collège d’Houffalize de réinterpeller le DNF, ce à quoi la bourgmestre Josette Deville répond que ce sera fait

Nicolas Yernaux (SPW) : « Il y a eu 3 rappels à l’ordre »

Nous avons interrogé Nicolas Yernaux, porte-parole du SPW. Celui-ci explique que s’il ne s’agit pas d’un trafic de carcasses pour nourrir le loup, trois personnes ont néanmoins été rappelées à l’ordre suite à leurs agissements. « Trois personnes ont été identifiées et n’ont pas fait preuve d’une grande rigueur, dit-il en retraçant le parcours du daguet. Ce dernier a en effet été renversé sur le territoire de Gouvy. Un agent du DNF a réalisé un constat d’accident et a bien demandé à la Commune d’évacuer la carcasse. Sauf que l’un des agents communaux, qui a expliqué que la Commune n’avait pas de contrat avec Rendac, a déposé la dépouille chez un garde-chasse privé, apparemment sans le prévenir. Il ne voulait pas la déposer dans les bois car c’est quelque chose qui a déjà été fait par le passé sauf qu’il y a eu des plaintes de la part de promeneurs. Quand le garde-chasse a vu la dépouille du cerf, il l’a apportée à un naturaliste de Wibrin en pensant lui faire plaisir car ce dernier fait de l’observation d’animaux. »

Nicolas Yernaux ajoute que des rappels à l’ordre ont eu lieu, « auprès de la Commune suite au comportement de son agent, du garde-chasse privé ainsi que du naturaliste. Ce qui a été fait n’est pas tout à fait illégal, mais si ce type de comportement est répété, nous ne pourrons pas le cautionner. La carcasse, ici, a circulé contre toute forme de règlement.Ce qui serait condamnable, ce serait de répéter cette action dans le but de le nourrir. » Et lorsqu’on aborde le fait que ce ne serait pas la première fois que des carcasses d’animaux sauvages circulent, Nicolas Yernaux explique: « C’est une pratique que certains font pour faire de l’observation d’animaux, notamment de grands corbeaux. Je pense que le rappel à l’ordre va servir de leçon. »

La Commune de Gouvy confirme qu’il y a « un souci de procédure »

Du côté de la Commune de Gouvy à présent, l’échevin Michel Marenne affirme qu’il y a bien eu un souci de procédure. « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé.Il y a clairement eu un souci d’organisation et de suivi. Je pense qu’ils ont voulu trouver une solution rapide et de bonne foi, sauf qu’une situation en entraînant une autre, voilà où nous en sommes. Cela ne doit plus se reproduire. Pour moi, il y a quelque chose qui n’est toujours pas clair. » À la question de savoir pourquoi la Commune n’a pas de contrat avec Rendac, il justifie: « Nous n’avons jamais eu de situations qui ont posé problème, mais je crois que nous allons nous pencher là-dessus car ça prend vite de l’ampleur, il faut qu’on en discute. » Michel Marenne affirme que le point sera sur la table du prochain collège communal