Le 20 mars a marqué le 100e anniversaire de la mort d’Anatole Le Braz. L’écrivain breton, connu surtout pour « La Légende de la mort en Basse-Bretagne », fait l’objet d’un film documentaire. Écrit par Jean-Jacques Monnier et réalisé par Loïc Chapron, le film retrace la vie d’Anatole Le Braz comme écrivain et acteur de son temps, engagé en politique et pour la culture de sa région.

Jean-Jacques Monnier retrace la genèse du film, coproduit avec TV-Trégor : « Le scénario a évolué au fil des rencontres avec les intervenants. On retrouve Dominique Besançon, universitaire et spécialiste de l’auteur, Bernard Lasbleiz et Laurence Berthou-Bécam, pour leurs travaux sur le collectage de récits ou de chants, et même son arrière-petite-fille, Tina Weymouth, bassiste du groupe Talking Heads. »

Fils d’un instituteur collecteur de contes

Né à Duault le 2 avril 1859, il passe ses années d’enfance à Ploumilliau, où son père est instituteur et collecteur de contes. C’est là qu’il rencontre la mort personnifiée, l’Ankou, dans l’église de la paroisse. Il enseigne un moment en région parisienne, rejoint le lycée de Quimper et connaît la reconnaissance avec « La Légende la mort », saluée par l’Académie française en 1893.

D’autres aspects sont moins connus. Et moins littéraires. Anatole Le Braz est un ardent défenseur de la langue bretonne, qu’il souhaitait enseigner au lycée de Quimper. Il défend aussi les valeurs républicaines et la France, durant la Première Guerre mondiale, explique Jean-Jacques Monnier : « Pendant le dernier tiers de sa vie, Anatole Le Braz a fait des allers-retours aux États-Unis, où il s’est marié avec sa deuxième et sa troisième épouse, des Américaines. Il y faisait rayonner la culture française lors de conférences avant l’entrée en guerre des États-Unis. Il a même été invité à la Maison Blanche. Il était au Congrès quand les États-Unis ont voté l’entrée en guerre en 1917. »

Marqué par des tragédies

Si le film revient sur ses succès, il montre aussi que l’écrivain a connu des tragédies. En 1901 d’abord, il perd, à la suite d’un naufrage dans l’estuaire de Tréguier, son père, sa belle-mère et quatre sœurs ; sa première épouse meurt en 1906 ; son fils est tué à la guerre en 1915 et sa seconde épouse meurt en 1919.

Ce film, d’une durée d’une heure, pour favoriser les échanges avec le public, sera projeté aux Baladins, à Lannion, en avant-première, le jeudi 9 avril à 14 h 30, à la salle des fêtes de Ploumilliau le dimanche 12 avril à 16 h, à la salle des fêtes de Penvénan, le dimanche 10 mai à 17 h et à Tréguier, au Théâtre de L’Arche, le mercredi 3 juin, à 18 h 30. Le film sera donc projeté dans des communes marquantes de la vie d’Anatole Le Braz, avant de circuler dans toute la Bretagne et sur internet.