À ce stade, aucune suppression massive n’est actée. Mais la compagnie reconnaît que des difficultés logistiques pourraient apparaître dans certains aéroports, notamment en cas de pénurie locale. Une évolution notable du discours, alors que Ryanair mettait jusqu’ici en avant sa couverture financière sur le carburant. Mais celle-ci protège contre la hausse des prix, mais pas contre un manque physique de kérosène.
Après le « bazar » à Charleroi, les aéroports belges sous tension ? Files, retards, grèves et inquiétudes avant l’été, « éviter une situation de chaos »Les autres compagnies s’adaptent déjà
Face à la flambée des coûts, plusieurs acteurs du secteur ont déjà pris des mesures concrètes. Le groupe Air France a ainsi introduit une surcharge carburant pouvant atteindre 50 euros sur certains billets long-courriers.
Dans le nord de l’Europe, des compagnies comme Scandinavian Airlines ont, de leur côté, commencé à ajuster leurs programmes en réduisant certaines liaisons, notamment les moins rentables.
D’autres transporteurs privilégient une stratégie intermédiaire : hausse des prix, optimisation des rotations ou réduction des capacités, afin d’absorber le choc sans annulations massives.
Les vols Ryanair « menacés en mai et juin », affirme la compagnie, le prix des billets pourrait aussi augmenterVos droits face à une hausse des prix
Mais, pour les voyageurs, la question centrale reste celle du prix. Peut-il augmenter après réservation ? Julie Frère, porte-parole de Testachats, apporte des précisions. « En ce qui concerne les voyages à forfait via un tour-opérateur, une augmentation est possible… mais uniquement sous conditions strictes. Elle doit être prévue dans le contrat, être liée à des éléments précis comme le carburant, les taxes ou les taux de change, et être clairement justifiée », rappelle-t-elle.
Elle insiste également sur des règles bien précises. « Vous devez être informé au moins 20 jours avant le départ. Et si la hausse dépasse 8 %, vous pouvez annuler sans frais. »
Et pour les vols « secs » achetés auprès d’une compagnie ? « Pour les vols réservés séparément, la règle est plus simple. Une fois votre billet acheté, le prix est définitif. Les compagnies aériennes européennes ne peuvent pas ajouter de supplément carburant après coup », avance-t-elle.
En outre, si une compagnie annule des vols pour cause de pénurie de carburant, la situation devient plus floue. S’il s’agit de la responsabilité de la compagnie de prévoir un autre vol et une assistance, quid de l’indemnité européenne de 250 à 600 € ? Le manque de carburant pourrait être placé dans la catégorie des circonstances exceptionnelles, pour autant que la compagnie puisse prouver qu’elle n’a pas su anticiper l’annulation ou le retard.