Un marché très particulier explose actuellement, à savoir celui des médicaments amaigrissants de type GLP-1. Or, de nombreux vendeurs commercialisent à distance des produits de ce genre sans aucune autorisation depuis la Chine, vers les Etats-Unis et l’Europe. Le danger est malheureusement présent, notamment en ce qui concerne le BPC-157 (ou « drogue de Wolverine »), une substance en forte tendance sur les réseaux sociaux.

La Chine détourne la demande en GLP-1

Rappelons tout d’abord que les peptides de Glucagon-Like Peptide-1 (GLP-1) sont des hormones intestinales naturelles régulant la glycémie, l’appétit et la satiété en stimulant la sécrétion d’insuline et en ralentissant la vidange gastrique. Ces derniers sont devenus en quelques mois la base de médicaments injectables – les agonistes du GLP-1 – notamment pour le traitement du diabète de type 2 mais également et surtout la perte de poids, en agissant tel un coupe-faim. Le succès de ces produits comme l’Ozempic ou le Wegovy est au rendez-vous, malgré le fait que certains experts aient déjà émis quelques réserves sur le plan de la santé.

Pour ne rien arranger, la demande occidentale se déplace vers de nombreux vendeurs en ligne basés en Chine qui commercialisent des substituts. En effet, certains pays interdisent les peptides GLP-1 et si tel n’est pas le cas, les produits en question coûtent assez cher. Ainsi, une grande partie des clients se fournissent désormais massivement en Chine, à des tarifs beaucoup plus intéressants. Seulement voila, si l’offre parait en théorie alléchante pour les personnes intéressées, les choses ne sont jamais aussi simples.

Comme l’expliquait le New York Times dans un article du 3 janvier 2026, les produits sont fabriqués par une poignée de sociétés chinoises, avant leur transit via des intermédiaires très opaques. Effectivement, les vendeurs en ligne prennent soin de donner des numéros de téléphone injoignables et des adresses fictives et exigent des paiements en cryptomonnaies. En réalité, tout est fait pour qu’en cas d’effets secondaires, l’origine précise du produit ne soit jamais retracée. Face à l’engouement autour des GLP-1, la chaîne d’approvisionnement chinoise est donc savamment pensée.

GLP-1 peptides obésitéCrédit : Matthew Fowler / iStock

Des produits tendance passant sous les radars

Une des composantes du problème se situe sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et Telegram. De nombreux influenceurs vantent abondamment les « mérites » des GLP-1 et en ce moment, d’un produit en particulier : le BPC-157, surnommé « drogue de Wolverine » pour ses prétendus effets régénérateurs. Citons également le Pinealon, qui serait capable de booster la mémoire et la qualité de sommeil. Au sein des communautés sur les réseaux sociaux, ces produits sont expérimentés à différentes doses et les adeptes se partagent des tutoriels d’injections. Indiquons au passage que les peptides sont livrés en poudre et doivent être reconstitués soi-même, évidemment sans aucun contrôle médical.

Si en soi, les peptides GLP-1 sont déjà assez controversés en raison de risques encore mal connus – malgré leur approbation par la Food and Drug Administtration (FDA) aux Etats-Unis – le marché parallèle provenant de Chine est très problématique. Il est ici question de produits interdits passant sous le radar des autorités sanitaires et potentiellement, de qualité très médiocre. Selon le New York Times, ces produits sont absents du marché chinois, les locaux n’étant absolument pas prêts à les consommer eux-mêmes. De plus, la notion d’automédication chez les clients est également très préoccupante.

Les Etats-Unis demandent des comptes

Il semble qu’un début de réaction ait fait son apparition, au sein du Comité Spécial sur le Parti Communiste Chinois, un comité bipartisan de la Chambre des représentants des États-Unis. Ce dernier est chargé d’enquêter sur les menaces économiques, technologiques et de sécurité que peut poser le gouvernement chinois, entre autres. Dans un communiqué publié le 14 janvier 2026, le comité explique avoir adressé des lettres officielles à trois entreprises de biotechnologie basées en Chine. L’objectif ? Exiger des informations détaillées sur la fabrication, l’étiquetage et l’exportation de médicaments à base de GLP-1 et de leurs principes actifs pharmaceutiques associés, qui seraient susceptibles d’entrer illégalement sur le marché étasunien, sans contrôle sanitaire.

Les trois sociétés ciblées sont Chinese Peptide Company, Hubei JXBio Biotech, et Fujian Genohope Biotech. S’il s’agit d’entreprises pharmaceutiques officielles ayant pignon sur rue, les Etats-Unis les soupçonnent de commercialiser des substituts interdits, via des réseaux obscurs.