Comme depuis le début du conflit déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, Téhéran a aussi continué à prendre pour cible des intérêts liés aux Etats-Unis dans le Golfe.
Le président américain Donald Trump avait applaudi un peu plus tôt la destruction d’un pont près de la capitale iranienne et appelé les dirigeants iraniens à conclure un accord « avant qu’il ne soit trop tard ».
L’attaque du pont a causé la mort de huit civils et fait 95 blessés, selon un responsable iranien cité par des médias locaux.
« Frapper des infrastructures civiles, y compris des ponts inachevés, ne poussera pas les Iraniens à se rendre », a réagi le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, sur X.
« Des crimes de guerre »
Dans la matinée, des frappes avaient fortement endommagé l’Institut Pasteur d’Iran, un établissement de santé clé et centenaire de Téhéran. Les deux principales aciéries du pays ont annoncé suspendre leur activité en raison d’attaques.
« Les attaques délibérées à l’encontre des services essentiels et des infrastructures civiles peuvent constituer des crimes de guerre », soulignait récemment la présidente du Comité international de la Croix-Rouge, Mirjana Spoljaric.
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Liban: le risque de déplacements de population massifs et prolongés « très alarmant »
Les risques au Liban de déplacements massifs et prolongés d’une partie de la population sont « très alarmants », s’est inquiétée jeudi la directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope, dans un entretien à l’AFP.
« Il suffit de voir l’ampleur des destructions actuelles ainsi que les menaces de destructions », a-t-elle déclaré. Selon les autorités libanaises, la guerre entre le Hezbollah pro-iranien et Israël a fait plus de 1.300 morts et plus d’un million de déplacés. Ces derniers fuient les ordres d’évacuation et les bombardements de l’armée israélienne.
Hors du Liban, « les gens ne comprennent pas l’étendue » de la crise qui intervient à un moment « où les ressources pour une réponse humanitaire sont plus limitées que jamais », a estimé Mme Pope. « Si les gens ne trouvent pas la sécurité (…) chez eux, ils franchissent les frontières », a-t-elle averti.
« Il y a des endroits dans le sud » du Liban « qui sont en train d’être intégralement rasés ». « Même si la guerre se termine demain, il faudra reconstruire », a souligné Mme Pope. En outre, si les hostilités se prolongent ou que, en cas de paix, les ressources nécessaires ne sont pas dégagées pour reconstruire, « cela signifie que ces personnes resteront déplacées pour une durée indéterminée », a-t-elle ajouté.
Parmi les déplacés, quelque 136.000 personnes ont trouvé refuge dans des centres d’accueil, d’après les autorités.
La crise actuelle des déplacés est « bien plus sévère » que lors du précédent conflit qui a opposé Israël au Hezbollah en 2024, a relevé Amy Pope. Parmi les déplacés figurent des personnes chassées sur les routes à l’époque et qui, depuis lors, n’ont pas pu rentrer chez elles.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.
Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d’infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques
« Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques! », a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d’un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens
Les Etats-Unis n’ont « même pas commencé » leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.
Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l’offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.
« Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE! », a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.
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