Il y en a un, tout particulièrement, qui n’a pas apprécié cette séquence: Bart De Wever. Le Premier ministre est bien entendu mal à l’aise d’afficher, une nouvelle fois, les divisions au sein de son gouvernement, mais surtout il craint de devoir faire une croix sur son unique trophée institutionnel. En effet, le nationaliste flamand n’a que très peu de victoires communautaires à vendre à son électorat. La suppression du Sénat est son dernier espoir pour cette législature. « Nous sommes face à un problème majeur », commentait la N-VA auprès du Standaard, ce jeudi. L’histoire va-t-elle bien se terminer pour le Premier ministre ? Va-t-il pouvoir cocher une nouvelle case dans son calendrier dédié à la suppression du Sénat (vu qu’il y en à huit en tout, il n’est clairement pas au bout de ses peines) ? Réponse dans quelques heures.

Les sénateurs votent, ce 3 avril. Une nouvelle étape dans la suppression du Sénat. ©PRE2) Prix de l’énergie : « C’est un Premier ministre qui fait non, non, non, non… »
A moins que vous ne viviez dans une grotte (ce qui nous intéresserait car c’est assez insolite), vous aurez remarqué que les prix de l’énergie grimpent à la vitesse grand V. On a battu des records à la pompe, cette semaine. Mais le gouvernement a du mal à se mettre d’accord (encore !) sur la marche à suivre pour endiguer ces hausses. Comme on l’avait déjà écrit, Bart De Wever se montre frileux à l’idée d’adopter rapidement des dispositions temporaires, qui reviendraient selon lui à jeter de l’argent par les fenêtres sans réelle réflexion. Mais ses collèges du MR et des Engagés (encore !) ne partagent pas son point de vue. Les partis francophones de la majorité fédérale plaident pour la mise en place du cliquet inversé, un mécanisme qui prévoit une baisse des accises en cas de hausse des prix du carburant. Georges-Louis Bouchez (MR) a même été jusqu’à menacer de bloquer tous les autres chantiers si le gouvernement ne se mettait pas d’accord sur des mesures énergétiques. Le dossier se trouve donc ce vendredi sur la table du kern. Mais il y était déjà, la semaine dernière, et aucun terrain d’entente n’avait été trouvé. On ne serait donc pas surpris que la discussion capote encore. D’autant que le Premier ministre a douché les espoirs de ses collègues à la Chambre. Pour lui, c’est non, non, non, non, non (vous avez la musique ?).
En parallèle, le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a mis en garde face au « risque important » pour l’approvisionnement énergétique dans les mois à venir, appelant à « des changements de comportement » pour réduire la consommation de carburant et de gaz naturel. Evidemment, la prise de parole du Namurois n’a pas manqué de créer l’émoi au sein de la population. Ce qui n’était pas « son intention ». « Je ne veux pas semer la panique, mais nous devons rester prudents, anticiper et nous préparer », a précisé M. Prévot. Alors, rassurés ?
3) Les candidats à la succession de David Leisterh (qui s’est livré comme jamais) sont connus
« Et là, je m’effondre d’un coup, boum. Je fonds en larmes. » Dans une interview à La Libre, David Leisterh s’est livré pour la première fois sur sa descente aux enfers. Sorti gagnant des élections, l’ancien président du MR bruxellois a fini par jeter l’éponge après des mois de négociations pour la formation d’un gouvernement dans la capitale. « Epuisé », celui qui était en pole position pour devenir ministre-président a fait ses adieux à la politique régionale. Objectif ? Se concentrer sur sa commune de Boisfort et sur sa fille née dans l’agitation des négociations bruxelloises. Et il ne s’en porte que mieux ! « La politique, c’est violent. Toxique. Nocif. (…) Il y a une bienveillance qui n’existe pratiquement pas », détaille-t-il, précisant qu’arrivé à un certain niveau de pouvoir, il faut savoir « se montrer capable d’une certaine violence ».
Peut-on donc encore s’étonner du choix posé par David Leisterh ? Absolument pas. Par contre, on pourrait être surpris de constater que d’autres aient toujours envie de lui succéder après avoir lu l’entretien à cœur ouvert du libéral (que l’on vous conseille, bien entendu, si vous n’avez pas encore eu le temps de le consulter). Pourtant, plusieurs membres du MR ont manifesté leur intérêt pour le poste. Ce lundi 30 mars, date à laquelle se clôturaient les candidatures, trois profils ont été retenus: celui de David Weytsman, de Geoffroy Coomans de Brachène et d’Yvan Kerekes. Bon, il s’agit en réalité davantage d’un duel, tant le dernier, « candidat surprise », « fait un peu figure d’invité mystère », écrit notre journaliste Adrien de Marneffe. Ce sera donc Coomans VS Weytsman. Avec quand même un certain avantage pour le deuxième challenger, qui se prépare depuis des mois et qui peut compter sur une implantation forte dans les sections locales. Et, petit bonus, l’actuel président du CPAS bénéficie du soutien implicite du leader du MR, Georges-Louis Bouchez. Pourtant, David Weytsman se considère comme étant de centre-droit, là où son adversaire incarne une ligne plus à droite, comme le tonitruant Montois… Qui triomphera ? Résultat du scrutin le 24 avril.