L’artiste suisse Thomas Hirschhorn, connu pour ses œuvres participatives et engagées, présente « Pavillon Simone Weil » au Pavillon Sicli à Genève. L’exposition, qui se tient du 31 mars au 16 juin, est un hommage à la philosophe, écrivaine et militante française Simone Weil (1909-1943).

Thomas Hirschhorn imagine depuis plusieurs années des œuvres collectives et participatives. Il a à son actif plus de septante réalisations dans l’espace public, dont une sculpture géante de l’auteur Robert Walser installée à Bienne en 2019. Aujourd’hui, c’est un nouvel hommage qu’a préparé Thomas Hirschhorn. L’artiste a choisi de mettre en lumière Simone Weil pour sa « radicalité et sa singularité », explique-t-il dans l’émission Vertigo du 25 mars.

Philosophe agrégée à 22 ans, Simone Weil quitte l’enseignement pour se confronter au réel en travaillant comme ouvrière chez Renault et en s’engageant dans les Brigades internationales pendant la guerre d’Espagne. Son parcours est marqué par une quête constante de vérité et d’action. Simone Weil est également connue pour sa théorie de l’attention et pour sa réflexion sur la grâce dans son ouvrage « La Pesanteur et la Grâce » (1947), des concepts qui résonnent particulièrement chez Thomas Hirschhorn.

Simone Weil, c’était une grande intellectuelle qui cherchait tout le temps la confrontation avec le réel.

Thomas Hirschhorn, artiste Un monument participatif et éphémère

Le « Pavillon Simone Weil » s’inscrit dans la démarche artistique de Thomas Hirschhorn. L’artiste est présent sur place et produit quotidiennement en collaboration avec le public genevois. Il ne s’agit pas d’une exposition traditionnelle, mais d’un monument à la mémoire de Simone Weil, repensé pour l’époque contemporaine. « Aujourd’hui, nous, artistes, devons réfléchir à la notion de monument. Les monuments tombent les uns après les autres parce qu’ils sont érigés pour de mauvaises raisons », indique l’artiste.

Thomas Hirschhorn décrit son monument comme « précaire » et « éphémère », mais son impact résidera dans la « densité et l’intensité du moment » créé avec les participantes et participants. L’artiste invite activement les habitants du quartier des Acacias et plus généralement du canton de Genève à s’impliquer dans le processus créatif. L’œuvre prendra ainsi la forme d’un espace de réflexion et de création, transformant le cadre institutionnel en une véritable place publique au cœur d’un quartier en pleine mutation.

Toutes les confrontations à l’art sont importantes et toutes les formes d’art sont importantes. 

Thomas Hirschhorn, artiste Un programme riche et inclusif

A l’intérieur du « Pavillon Simone Weil », de nombreux événements seront organisés, dont une pièce de théâtre écrite par Simone Weil elle-même, « Venise sauvée », mise en scène par Maya Bösch. Cette pièce, une tragédie en trois actes, sera jouée avec la participation des habitants et habitantes du quartier. Des ateliers seront également organisés par Thomas Hirschhorn pour tous les groupes intéressés, notamment pour les classes d’école.

L’objectif de Thomas Hirschhorn est de toucher un public qu’il décrit comme non-exclusif, « c’est-à-dire des personnes qui ne sont pas forcément initiées à l’art ». Pour lui, l’art a le pouvoir de toucher et de transformer l’autre. Thomas Hirschhorn cherche à créer un espace ouvert et accessible, transformant le cadre institutionnel en un véritable lieu public et inclusif. L’entrée au « Pavillon Simone Weil » est d’ailleurs gratuite et ouverte 7 jours sur 7, de 10h à 22h.

Propos recueillis par Pierre Philippe Cadert

Adaptation web: ld

« Pavillon Simone Weil » de Thomas Hirschhorn, Pavillon Sicli, Genève, du 31 mars au 16 juin 2026.