Pendant trois jours, du 24 au 26 mars, la star américaine a tourné dans ce village d’un peu plus de 1000 habitants. Une venue discrète, mais chargée d’histoire.
Si certains pensent qu’il n’est possible d’apercevoir Robert De Niro en France qu’à l’occasion d’avant-premières ou de grands festivals, les habitants de Saint-Just-en-Chevalet, dans la Loire, répondront qu’ils ont tort. Du 24 au 26 mars 2026, l’emblématique acteur de Taxi Driver, de la saga du Parrain ou de Raging Bull a bel et bien posé ses valises dans cette commune d’un peu plus de 1000 habitants pour y tourner un documentaire, aux côtés de l’artiste JR. Un passage éclair, resté volontairement discret, qui a pourtant suffi à créer l’étonnement, puis l’enthousiasme, chez les Saint-Jurauds.
Robert de Niro Senior, ancien habitant du village
Car si Robert De Niro s’est retrouvé là, ce n’est pas par hasard. L’histoire remonte à 1963. Cette année-là, son père, le peintre américain Robert De Niro Senior, séjourne quelques mois à Saint-Just-en-Chevalet. Arrivé «par le jeu des connaissances, entre Paris et la campagne ligérienne», comme le raconte la maire Emmanuelle Barlerin au Figaro, il s’installe quelque temps dans le village, effectue ses formalités à la mairie et y peint un tableau, Vue de ma fenêtre. «Sur le moment, c’était une démarche administrative tout à fait classique», souligne-t-elle. Avec les années, l’anecdote locale prend une autre dimension : l’œuvre sera ensuite exposée dans de grands musées, notamment à La Piscine de Roubaix ou au Guggenheim de Bilbao.
Le souvenir, lui, ne disparaît pas tout à fait. «L’histoire a continué à circuler entre les habitants, entre les secrétaires de mairie», explique l’édile. Elle se transmet de bouche à oreille, jusqu’à refaire surface plus nettement en 2020, lorsqu’un article de la presse locale raconte déjà ce passage méconnu du père de l’acteur. Entre-temps, un autre fil s’est noué : en 2014, l’école publique du village participe à un projet «Inside Out» de l’artiste contemporain français JR. Quelques années plus tard, l’artiste reprend contact avec la mairie. Il veut en savoir plus sur ce séjour de 1963 et évoque alors un projet de film avec son ami Robert De Niro. «Il nous avait dit qu’il réfléchissait à quelque chose autour de cette histoire», se souvient la maire.
Robert de Niro aux côtés d’habitants de Saint-Just-en-Chevalet.
Photo fournie par la mairie.
Le tournage se précise en 2025, lorsque l’équipe cherche un lieu sur la commune. Son choix se porte finalement sur une maison portée par un projet singulier : deux jeunes sœurs souhaitent y créer un lieu de vie pour accueillir des enfants placés par le département. «C’est un projet qui a tout de suite parlé à JR», souligne Emmanuelle Barlerin. Une dimension sociale qui achève de convaincre l’équipe.
«Il était très humble, très humain»
Quand le tournage démarre fin mars, la mairie joue les facilitateurs, entre autorisations de voirie, logistique et aide sur place. «On s’est très vite positionnés pour accompagner au maximum», explique-t-elle. Et la surprise est de taille : Robert De Niro est bien là, en personne, contre toute attente. Une scène est tournée dans les archives municipales, d’autres dans une maison et dans la campagne environnante. Malgré le secret demandé autour de sa venue, la rumeur finit naturellement par courir dans le village. Mais sans débordement. «Les habitants ont été très respectueux, très discrets. Il y avait de la curiosité, bien sûr, mais surtout beaucoup de bienveillance», raconte la maire.
«Il n’y a eu aucun caprice de star, vraiment aucun. Au contraire, beaucoup de simplicité», insiste-t-elle. L’acteur de 82 ans se montre accessible, proche, attentif. «Il était très humble, très humain. Il a pris le temps d’échanger, de faire des photos, de saluer les gens.» Même au café du coin, le passage reste marqué par cette sobriété : «Son seul petit caprice, c’était un café avec un verre de lait chaud», sourit-elle. Pour la commune, l’expérience laisse un souvenir rare. «C’était un moment très agréable, presque irréel, mais surtout très simple dans les relations. On part d’une petite histoire locale, et on arrive à un projet tourné vers les autres», résume la maire du village. Pendant trois jours, Hollywood s’est invité dans la Loire. Et Saint-Just-en-Chevalet, lui, a gagné un joli coup de projecteur.