De manière plus détaillée, la ministre pointe des problèmes relevant de cinq ordres. Le premier concerne la sécurité des locataires. L’un des audits a constaté des problèmes de conformité des installations électriques, de l’alimentation du gaz, des systèmes de sécurité incendie ainsi que la présence d’amiante dans plusieurs logements.
Sur la gestion en tant que telle, l’audit montre « qu’il n’y a pas de vision stratégique » et que cette absence est « dramatique ».
Sur le plan financier, le déficit n’est pas maîtrisé : il est de 61 millions d’euros, soit trois fois plus important qu’il y a dix ans. « Il y a une perte de subside de l’ordre de 45 millions pour la rénovation entre 2020 et 2025. Depuis 2008, d’autres subsides pour 8 millions d’euros ont été perdus ».
L’audit montre par ailleurs des « lacunes dans les organes de gestion et un suivi défaillant dans les demandes des locataires ».
Des millions d’euros de subsides perdus et des délais trafiqués ? La Sambrienne sous auditTaux d’absentéisme record
La gestion des ressources humaines est, elle aussi, défaillante. Le taux d’absentéisme au niveau des employés (182) atteint 16, 6 %. « On constate aussi que seulement deux personnes sont affectées au suivi de la sécurité des logements. »
L’audit mettrait aussi en évidence un problème lié au financement des emplois APE − emplois subsidiés par la Région. « Un double subventionnement n’est pas exclu », explique la ministre.
Cécile Neven a annoncé avoir déposé les deux rapports d’audit dans les mains de la justice. « Certains comportements pourraient être constitutifs d’infractions pénales », explique-t-elle. Dans le cadre d’une procédure d’octroi de subsides, par exemple, l’identifiant de la ministre aurait été utilisé abusivement dans un logiciel de la SWL, pour permettre à des subsides d’être octroyés alors que le délai était dépassé.
Et pour la suite ? Dans l’immédiat, un manager de crise sera désigné pour « accompagner les organes décisionnels de la Sambrienne ». Ce manager de crise – qui devrait être remplacé par un commissaire spécial lorsque la procédure pour le désigner sera terminée – devra notamment accompagner la direction afin de mettre en œuvre le plus rapidement possible des mesures pour assurer la sécurité des locataires. « Ce sera tolérance zéro sur les questions de sécurité comme sur le gaspillage d’argent public. Il faut mettre fin à l’amateurisme. Chacun devra prendre ses responsabilités », ajoute Cécile Neven en pointant aussi du doigt les autorités communales de la Ville de Charleroi, « qui n’ont rien fait depuis 30 ans ».
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Enfin, Cécile Neven considère qu’il faut se pencher sur l’ensemble des sociétés de logements publics en Wallonie afin de déterminer si les problèmes rencontrés à la Sambrienne n’existent pas ailleurs. « À la Sambrienne, la mauvaise gestion n’est pas l’exception, c’est la règle, c’est de l’amateurisme ».
La ministre va s’appuyer sur l’exemple désastreux de la Sambrienne pour réaliser une réforme plus globale du secteur. Elle entend notamment permettre au gouvernement wallon de sanctionner une société de logement qui enfreindrait la loi ou qui présenterait des problèmes de gestion. Elle souhaite aussi se pencher sur la formation des administrateurs qui siègent au sein des conseils d’administrations et qui sont des élus pour la plupart. « C’est l’un des problèmes probablement. »