« J’aime ramasser les rats morts quand ils sont frais. Mais les gabians me les volent la plupart du temps. » Bernard Davoust ne fait pas ici l’aveu d’une passion macabre. Pour le directeur du centre de recherche vétérinaire de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée (IHU), les cadavres de « surmulot » sont simplement devenus un objet d’étude quasi quotidien. À la tête d’une équipe de quatre vétérinaires, il scrute la faune locale, pour déceler d’éventuelles infections et les possibles « franchissements des barrières d’espèce » vers l’homme. Une question considérée dès la création de l’IHU en 2012, qui permet une approche globale des maladies infectieuses : vétérinaires, biologistes et médecins infectiologues travaillant ainsi « sur le même plan ».
« 75% des pathogènes humains ont un réservoir animal »
« Ce qui est unique dans les IHU français, c’est le concept’une seule santé’qui a émergé lors des dernières années mais sur lequel nous travaillons depuis le début ici, explique Pierre-Édouard Fournier, directeur de l’IHU Méditerranée infection. Si on regarde tous les pathogènes humains, 65 à 75% ont un lien avec un réservoir animal. Et beaucoup ont pour vecteur des insectes. Abriter un ce…