Voilà plus de trois décennies que Vincent Cassel
trimballe sa gueule taillée à la serpe dans le cinéma
français. Et même plus, car l’acteur, fils de feu
Jean-Pierre Cassel, fait également carrière à
l’étranger. Celui qui a été révélé par le brûlot La Haine,
en 1995, marié durant plusieurs années à Monica
Bellucci, et incarné Mesrine au ciné, est
toujours aussi bankable. Vincent est également connu pour
son franc-parler. Et l’interprète d’Irréversible, film
coup de poing signé Gaspar Noé qui a secoué
Cannes en 2002, ne cache pas ces sympathies. Ou
même, a contrario, une certaine inimitié envers le
cinéaste culte des 90s : Luc Besson.

Vincent Cassel : révélation hardcore du choc La Haine
en 1995

Au milieu des années 90, un cocktail molotov embrase la
célèbre croisette du Festival de Cannes. Réalisé par
Mathieu Kassovitz, La Haine, film sur une
jeunesse en perdition dans les banlieues parisiennes face à une
bavure policière, fait l’effet d’un uppercut. D’un noir et blanc
classieux, prolongeant les racines du cinéma néoréaliste italien…
C’est un vrai choc. Au cœur de cette œuvre brute, un certain
Vincent Cassel. ‘Fils de’ mais pas que.

C’est la révélation du film. D’ailleurs, son rôle de
jeune homme en quête de vengeance va tracer, pendant un temps, un
patron dans la galerie de ses personnages à l’écran. On
retrouve cette hargne dans Dobermann, chef-d’œuvre
incompris de Jan Kounen, où il campe un violent
braqueur. Ou encore dans le polar en biais, Sur mes
lèvres, par Jacques Audiard. Ou encore
l’antihéros ultraviolent
d’un autre choc cannois, avec Monica,
Irréversible
.

Bankable, Vincent Cassel mène sa carrière d’une main de
maître

Ainsi, depuis des années, Vincent Cassel joue les figures
masculines et brutales dans le cinéma français. Pas étonnant qu’on
le retrouve, à la fin des années 2000, dans le rôle du braqueur
français le plus célèbre : Jacques Mesrine. En outre, l’acteur, qui
mène sa carrière du main de maître, tourne à l’étranger et plus
particulièrement chez l’Oncle Sam. On l’a vu face à George
Clooney et Brad Pitt en néo-Arsène Lupin dans Ocean’s
Twelve.

Mais également en prof’ de danse pervers et narcissique faisant
tourner -en bourrique- une Natalie Portman, au
bord de la folie, dans Black Swan. Un an après, en 2011
donc, il campe Otto Gross, médecin autrichien très
controversé, chez l’exigeant et chirurgical David
Cronenberg. Cassel ne se fixe aucune limite sur grand
écran. Au point, même, de retour en France, de se glisser

dans la peau du peintre Gauguin ou dans la toge de Jules César
!

L’interprète de cinéma taille un gros
costard au cinéaste Luc Besson

En 1999, alors encore porté par le succès instantané de La
Haine, Vincent Cassel se retrouve dans sa première
superproduction. Et pas n’importe laquelle, Jeanne
d’Arc, réalisé par le golden boy d’alors, Luc
Besson. Un rôle, on ne va pas se mentir, que l’on a un peu
oublié depuis dans la carrière faste de l’acteur. Ce dernier, par
contre, ne semble pas l’avoir zappé. Mais ce n’est pas peut-être
pas pour les bonnes raisons. Explications de l’intéressé.

En 2008, alors en promo pour le diptyque
Mesrine, Vincent Cassel passe dans On n’est pas
couché. Talk-show animé à l’époque par Laurent
Ruquier sur France 2. Là, l’interprète du
célèbre truand se plie au jeu de la promo. Il accepte de répondre,
ou plutôt donner son avis, sur certains de ses films ou de ses
collaborateurs passés. Arrive le tour de Jeanne d’Arc et,
de facto, de Besson. “C’était difficile ce
film, c’était en Tchéquie, c’était long, il faisait pas beau, je me
faisais un peu chier sur le plateau…”, explique
Cassel.

“Vous avez eu des mots durs pour Luc Besson… Vous
vous êtes réconciliés depuis ou pas ?”, relance
Ruquier. “Mais je ne me suis jamais engueulé avec Luc Besson.
Je ne comprenais pas ce que je faisais là […]”, précise
l’acteur. L’animateur cite une interview de Cassel dans Le
Monde où il égratigne méchamment le cinéaste en concluant
par la citation dans le texte : “Il ne pense qu’à
lui.” Réponse franche de Cassel : “D’abord, je
pense que c’est vrai. Et, en plus de ça, je pense que beaucoup de
metteurs en scène sont comme ça.” Comme ça, c’est dit.