Dans une récente publication, un duo de chercheurs a proposé une méthode inédite pour améliorer suivi des débris spatiaux, en particulier ceux retombant dans notre atmosphère. Cependant, la méthode en question provient d’une adaptation de techniques déjà utilisées pour la surveillance des chutes de météorites.

Les débris spatiaux, un problème de plus en plus préoccupant

Rappelons tout d’abord que les débris spatiaux proviennent principalement des satellites hors service, des étages supérieurs de fusées mais également, des fragments résultant des collisions (ou des explosions) en orbite. Comme l’indiquait le CNRS dans une publication de décembre 2025, les seuls débris en orbite observables depuis le sol mesurent plus de 10 cm et ces derniers se comptent à environ 34 000. Toutefois, la quantité de ceux dont la taille se situe entre 1 mm et 10 cm est d’environ 128 millions.

En orbite basse, le risque de collision est particulièrement élevé car les satellites actifs y sont particulièrement nombreux. Rappelons tout de même que les débris spatiaux filent à des vitesses assez incroyables, entre 7 et 16 km/s. Par ailleurs, des chercheurs canadiens ont affirmé en 2025 que le danger pour les avions, en cas de retombées de débris, pourrait être de plus en plus important bien qu’encore très faible aujourd’hui. Aussi, il faut savoir que de telles retombées dans l’atmosphère se produisent en moyenne trois fois par jour.

Dans un tel contexte, un duo de chercheurs de l’Université Johns-Hopkins (États-Unis) et de l’Imperial College London (Royaume-Uni) a fait une proposition pour mieux détecter et suivre les débris spatiaux et ce, dès leur entrée dans l’atmosphère. Les scientifiques, dont les travaux ont fait l’objet d’une publication dans la revue Science le 22 janvier 2026, ont évoqué le bang supersonique.

débris spatiauxCrédit : PincioSeuls les débris spatiaux de plus de 10 cm, dont la quantité en orbite est d’environ 34 000 sont observables depuis le sol.
Limiter davantage les dégâts relatifs à l’environnement et aux populations

Actuellement, la détection des débris spatiaux repose sur le repérage optique ou par radar. Seulement voila, ces méthodes ne permettent pas de savoir précisément où les objets retombent, ce qui influe sur les tentatives de récupération. Certains débris restent donc encore aujourd’hui introuvables, comme ceux de la fusée de SpaceX ayant explosé en début 2025 ou plus anciennement, ceux du satellite soviétique Cosmos 954 (1978). Or, ces débris contiennent respectivement des métaux lourds et des substances radioactives.

Les chercheurs se sont donc intéressés au bang supersonique, c’est à dire l’onde de choc que produit un débris au moment de sa pénétration dans l’atmosphère à une vitesse supérieur à celle du son. Ainsi, l’idée est d’utiliser le réseau existant de sismomètres servant habituellement à la détection des tremblements de Terre. Ce réseau pourrait permettre de repérer chaque débris dès son arrivée et surtout, d’en localiser le point d’impact à la surface de notre planète. Il s’agira donc d’optimiser leur récupération avant que ces objets libèrent des substance toxiques impactant l’environnement ou encore, de prendre des mesures en cas de risque de chute sur des bâtiments.

Les deux scientifiques ont eu l’idée d’adapter les techniques déjà existantes pour étudier les météorites impactant la Terre et Mars, avant d’en évaluer l’efficacité dans le cadre d’une expérience en situation réelle. Ceci a été fait avec succès en début d’année 2024, lors de l’entrée dans l’atmosphère, au-dessus de la Californie du vaisseau spatial chinois Shenzhou 15 et d’un module orbital d’un mètre de longueur.