«J’ai fait jouer les deux CD sans arrêt pendant 10 jours!», lance l’interprète de J’ai souvenir encore et Si Dieu existe dans un entretien Le Soleil.
Dubois parlait de l’album double enregistré par l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) sous la direction de Dina Gilbert et lancé peu avant les Fêtes.
Celui-ci fait partie d’un grand projet auquel Dubois a travaillé avec le producteur Nicolas Lemieux et le compositeur Scott Price et dont la prochaine étape sera son interprétation sur scène par l’OSM et l’Orchestre symphonique de Québec en avril et en mai.
Apprivoiser
«En les écoutant en boucle, je me suis apprivoisé, car j’étais habitué d’entendre ces chansons avec ma voix. J’ai appris à me laisser bercer par la musique, j’ai essayé d’oublier le texte. Au début, je cherchais un peu, mais c’est ça, vivre le son symphonique. J’imagine un repas où je mets ça comme ambiance: la conversation est plus facile, car je ne suis pas en train de me parler!», illustre-t-il.
Cet ambitieux projet était cependant loin d’être la première incursion du chanteur de 78 ans dans le monde symphonique. «J’avais fait des spectacles avec l’OSM dirigés alors par Kent Nagano, mais ces chansons, sans que je les chante, strictement instrumentales, c’était autre chose», avoue-t-il.
Il ajoute qu’il a bien l’intention d’être présent aux premières du spectacle à Montréal et Québec. «J’ai hâte de voir si ce sera comme lors de mes spectacles et que les spectateurs se mettront spontanément à chanter certains refrains. Je connais Dina et je sais qu’elle est aussi capable de les encourager!», laisse-t-il tomber avec un sourire dans la voix.

Acte de foi
Et le producteur de disques qu’il est avait aussi dû faire un autre acte de foi en acceptant que Lemieux produise l’aventure. «Nico a fini par me convaincre!», lance Dubois en riant.
«Ces chansons, quand elles sont chantées, c’est l’interprète qui fait la mélodie. Mais là, l’interprète, ça peut être le premier violon Olivier Thouin ou la chef Dina Gilbert», poursuit-il en mentionnant à nouveau la maestro qui l’avait impressionné alors qu’il l’avait vue diriger l’OSM pour Harmonium-Histoires sans paroles.
Comme il le dit lui-même, ce n’est pas parce qu’il se trouvait bon que Dubois a dit oui à ce projet, qu’il a très hâte de voir sur scène, mais plutôt par désir de «sortir de son cocon».
«Je n’ai jamais été un carriériste. Quand j’ai commencé la musique, à 11 ans, je n’avais jamais l’idée que je serais un jour connu. J’ai toujours fait ce métier par amour et c’est pour ça qu’encore aujourd’hui, je présente encore plusieurs spectacles par année avec ma tournée Dubois solide», lance-t-il.
La musique classique, il y a été initié à l’adolescence alors qu’on lui a fait entendre les grands compositeurs à l’école. «On ne peut pas être insensible à Chopin! Mais moi, je ne suis qu’un clin d’œil dans le monde symphonique. C’est tout de même une fierté de découvrir que mes mélodies et ma vie peuvent ainsi être adaptées.»

L’histoire d’une vie d’artiste
Car c’est aussi de la vie de Claude Dubois qu’il est question dans cet album et ce spectacle. Biographie symphonique, ce n’est pas pour rien: on retrace sa carrière, qui s’échelonne sur pas moins de 65 ans à travers cette œuvre musicale en 31 impressionnants tableaux, d’un clin d’œil à sa naissance avec Bébé jajou la toune jusqu’à la grande finale avec Si Dieu existe.
«Non, les pièces ne sont pas présentées dans l’ordre chronologique où elles ont été écrites, mais bien dans une trame narrative où on raconte l’histoire d’un enfant qui «joue la toune» toute sa vie finalement, ce qui amène à la naissance d’un artiste, aux voyages, aux femmes, à la révolte et à l’âge adulte», explique l’auteur-compositeur et interprète.
Dubois a été impliqué dans tout le processus de création, des arrangements avec Scott Price, le chef d’orchestre de Céline Dion, jusqu’au montage final en studio en passant par l’enregistrement à la Maison Symphonique.
«Quand tu entends le résultat, tu ne peux être qu’une chose, c’est client! J’étais quand même ému, mais je n’étais pas en mesure de faire des jugements ou des analyses», avoue-t-il.

Chanter jusqu’à la fin
Si Biographie symphonique trace un portrait de sa carrière, Dubois a bien l’intention d’ajouter d’autres éléments à celle-ci même à l’aube de ses 80 printemps. Il se verrait bien chanter jusqu’à la toute fin comme Charles Aznavour et Leonard Cohen l’ont fait avant lui.
«J’ai eu des problèmes de santé par le passé et je suis persuadé que c’est ce qui m’a permis de revenir en pleine forme: avoir 1000 personnes qui m’applaudissent. Retrouver chaque soir une multitude de gens qui t’aiment et qui ont du plaisir à te voir, est-ce que tu voudrais mettre fin à ça? Poser la question, c’est y répondre.»
Et finalement, on ne peut quitter une légende comme Dubois sans lui demander ce qu’il a fait pour conserver son timbre de voix si particulier pendant huit décennies.
«Je ne sais pas quel est le secret puisqu’en effet, plusieurs chanteurs, avec l’âge, changent de voix. Moi, j’ai mûri vers 16 ou 17 ans et la seule chose que j’ai faite, c’est d’articuler davantage et tenir ma voix plus longtemps. Peut-être aussi parce que mon orthophoniste m’a appris à faire des exercices de voix!», termine-t-il.
Dubois: Biographie symphonique sera présenté à la Maison symphonique de Montréal du 7 au 9 avril, au Grand Théâtre de Québec le 30 avril et les 1er et 2 mai, à l’Amphithéâtre Cogéco de Trois-Rivières le 24 septembre et à la salle Maurice-O’Bready de Sherbrooke le 17 février 2027.