Par Jason
Mathurin

Publié le 05 Avr 2026 à
07:00

Mort de Loana, dettes, droits
d’auteur : comment son héritage et les royalties de Loft Story
seront vraiment partagés après 2026 selon le droit français ?

Quand Loana Petrucciani est morte à 48 ans, le 25 mars 2026 à
Nice,
beaucoup ont repensé à son entrée dans le loft de M6
. Gagnante
de Loft Story, elle avait enchaîné contrats, maison de rêve et
livres à succès avant de finir au RSA, endettée, loin de l’image
d’une gagnante riche à vie.

Depuis l’annonce de son décès, une question revient : que va
devenir le supposé magot des royalties Loft Story
et de ses livres, sans parler de la série Culte qui
revisite cette époque ? La réponse tient moins aux rumeurs qu’au
droit français, qui décide très précisément qui touchera chaque
euro après sa disparition.

Héritage de Loana : la loi désigne une seule héritière

En l’absence de testament connu, l’Article 734 du Code civil
s’applique. Sans conjoint survivant, les enfants héritent de tout
et écartent les autres membres de la famille. Loana a une fille
unique, Mindy, née en 1998. Juridiquement, c’est
donc elle qui reçoit l’ensemble de l’héritage de
Loana : argent, droits, mais aussi dettes.

Le Code de la propriété intellectuelle encadre ensuite la durée
des revenus. L’Article L123-1 prévoit que les droits d’exploitation
d’une œuvre courent pendant l’année civile du décès de l’auteur,
puis 70 années au profit des ayants droit.
Les droits patrimoniaux liés aux livres
et à l’image télé de
Loana pourront donc être transmis jusqu’en 2096, alors que son
droit moral reste, lui, perpétuel.

Royalties de Loana : livres, Loft Story et revenus
audiovisuels

Loana a publié deux autobiographies, dont Elle m’appelait…
Miette, vendue à plus de 100 000 exemplaires. En France, un
auteur touche en général entre 8 % et 12 % du prix de vente hors
taxes sur chaque exemplaire. Même si le gros des ventes est
derrière elle, des réimpressions ou un regain d’intérêt peuvent
encore rapporter quelques centaines ou milliers d’euros par an.

Côté Loft Story, l’histoire est plus technique. En 2001, les
lofteurs avaient signé des contrats de simples participants, sans
droits de suite. Après des années de procédures, un arrêt de la
Cour de cassation du 3 juin 2009 a rapproché ces contrats de vrais
contrats de travail. Les rediffusions, best of et documentaires
génèrent depuis des droits voisins, collectés puis reversés à la
succession.

Droit à l’image et dettes : un magot
très relatif

Une idée très répandue consiste à croire que la famille pourrait
attaquer n’importe quel média pour violation du droit à l’image de
Loana après sa mort. Or la Cour de cassation rappelle que le droit
à l’image et le droit au respect de la vie privée s’éteignent au
décès. Les proches ne peuvent agir qu’en cas d’atteinte à leur
propre réputation ou à la mémoire de la défunte. Seuls subsistent
les contrats conclus de son vivant et les créances, mais aussi les
dettes, parfois lourdes.