Ce sont avec quelques regards gênés et des sourires crispés que des élèves de la cité scolaire Henri-Vincenot à Louhans-Châteaurenaud se lancent dans un atelier bien connu de la scolarité : apprendre à mettre un préservatif.
En face, les infirmières, beaucoup plus à l’aise, ne se laissent pas abattre par ces instants de timidités. « On va vous bander les yeux pour que vous appreniez à le faire même dans des lieux sombres ! », lance Virginie Slavy, infirmière scolaire avant de s’approcher d’un élève.
Sensibilisation aux infections sexuellement transmissibles
Si l’expérience peut prêter à sourire, elle est un véritable outil de sensibilisation aux infections sexuellement transmissibles (IST) et à la sexualité chez les jeunes. C’est l’un des objectifs de cette Journée des ados du vendredi 20 mars, chapeautée par la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de la Bresse Bourguignonne et la cité scolaire, sur le thème de la sexualité.
Un atelier sur les violences a également été mis en place par Aurélie Costet, médecin généraliste à Mervans. Armés de deux cartons vert et rouge, les sept élèves présents lors de sa séance ont dû répondre à une série de questions sur les formes de violences dans le couple. Lorsque la question “les violences ne sont-elles que physiques dans un couple ?” apparaît à l’écran, plusieurs petits cartons rouges sont brandis en signe d’opposition. « Vous avez totalement raison ! Il y a aussi les violences psychologiques et financières », énumère la praticienne.
« On sait qu’il y aura moins de tabous »
Tant de sujets sensibles qui nécessitent un public déjà averti. C’est pour cette raison que seules les classes de seconde, de troisième et de CAP ont été invitées à participer à cette journée. « À cet âge, ils apprennent à se connaître et ont déjà eu quelques cours de SVT. On sait qu’il y aura moins de tabous, qu’ils seront plus à l’écoute », explique Eleonore Petit, documentaliste de la cité scolaire et instigatrice de cette journée.
Et ce n’est pas Alicia Frayer, élève en seconde, qui dira le contraire. « Je trouve ça bien ce type d’activités ! On est en petit comité, souvent avec des camarades qu’on connaît, on est déjà plus à l’aise », glisse-t-elle. À ses côtés, quelques lycéens apprennent sous le regard des infirmières à mettre un préservatif dans le bon sens. Avant de finir cet atelier, Alicia, comme le reste de ses camarades, va noter au tableau un slogan pour rappeler l’importance d’utiliser un préservatif , comme : « Tu te protèges ou je j’te tèj ! » ou « Acheter une contraception pour plus de protection ! ».
« Les messages de prévention passent parfois plus facilement par des slogans dont les jeunes se souviendront », conclut Virginie Slavy. Pour rappel, les jeunes de 15 à 25 sont particulièrement affectés par certaines IST, comme le VIH dont les cas ont augmenté de 41 % entre 2014 et 2023 selon Santé publique France.