Venue défendre son disque sur le plateau de Léa Salamé, la pianiste et épouse de Bernard Arnault s’est également expliquée sur les propos qui lui ont été reprochés sur les SDF lors d’une interview donnée à Marc-Olivier Fogiel.
En acceptant l’invitation de Léa Salamé dans «Quelle époque!», ce samedi 4 avril au soir, la pianiste Hélène Mercier-Arnault savait sans doute qu’il ne serait pas seulement question de musique. Venue accompagnée du violoncelliste Daniel Lozakovich, pour défendre la sortie de leur album Lost to the World, l’épouse du milliardaire français Bernard Arnault offrait à la journaliste une rare interview et à elle-même l’occasion de revenir sur une déclaration qui a fait grand bruit il y a un mois.
Par discrétion, par timidité ou dans un but conservatoire, Hélène Mercier-Arnault ne donne quasiment jamais d’interviews. S’il a été question de la genèse et de la sortie de ce nouvel album, Léa Salamé a bien vite orienté ses questions autour de la famille LVMH, ses secrets, ses rumeurs, ses scandales. Si les sagas familiales plaisent tant aux publics de tous les âges, c’est qu’elles sont bien plus croustillantes que n’importe quelle œuvre d’art.
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Pas une généralité
Rumeurs de brouilles familiales à la Succession, polichinelles façon Dallas, et ce retour sur la déclaration polémique de madame Mercier-Arnault, il y a un mois chez Marc-Olivier Fogiel, sur les SDF. L’interview avait duré 20 minutes. Le montage diffusé n’en a duré que 10. Mais un autre extrait a fuité dans Mediapart, rappelle l’animatrice, dans lequel on l’entend dire ceci.
«Ce que je vais vous dire va peut-être vous choquer. Les SDF, j’y pense pas tous les jours. La première fois où j’ai vu des clochards, c’était quand je suis arrivée à Paris. C’est aussi, j’ai l’impression, un choix de vie. Un choix de vie avec des gens qui se sont retrouvés, qui avaient des choses, qui ont décidé de lâcher la société. C’est un retrait du monde».
Maladresse ou pas, Mediapart ou pas, décontextualisation ou pas – en l’espèce, la sortie du livre de Philippe Torreton sur les sans-abri -, dans la bouche de la femme de l’homme le plus riche de France, forcément, ça coince. «Effectivement, ça a choqué. (…) Marc-Olivier Fogiel m’avait posé plein de questions. Des questions sur Trump, sur Macron. Je pensais qu’il allait me poser des questions sur mon disque. Et toutes les questions étaient des surprises. Des mauvaises surprises. C’était un sketch…», se défend-elle.
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«Mais sur cette question-là. Parce que cette réponse, elle a beaucoup choqué. On s’est dit, ’Oh la la, elle est complètement déconnectée», l’interromp Léa Salamé. «Il m’a parlé de tous ces autres sujets qui n’avaient rien à voir avec la musique. Il a coupé beaucoup de passages sur la musique. Et là, quand il m’a parlé des SDF, j’ai eu une espèce de retour en arrière de ma vie», raconte alors madame Arnault.
Elle poursuit : «Quand j’avais seize ans, où j’habitais avec ma sœur à Nanterre, où elle avait un amoureux SDF. Et elle voulait aller vivre avec lui dans la gare du RER. Donc tout de suite ça m’est venu, quand il m’a parlé de ça. J’ai eu besoin de dire, ’j’y pense pas tous les jours’, parce que c’est insupportable, tout d’un coup, cette violence».
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Elle peine à retenir ses larmes. «Je suis désolée de pleurer, comme ça, à la télévision, mais c’est honteux. C’est très impudique, voyez… désolée, mais…» Et Léa Salamé d’enfoncer le clou en reprenant les mots de son interlocutrice : «Vous avez donc dit ça parce que ça vous ramenait à votre sœur…» Et l’autre de lui répondre : «C’est des gens fracturés, qui n’arrivent pas à vivre dans la vie normale. Ils ont besoin aussi de leur substance. Ils ont besoin d’être compris. C’est connu. Il y a beaucoup de bipolaires. Ce qui était le cas de ma sœur. Ce qui était le cas aussi de son amoureux de Nanterre».
Elle ajoute : «Je ne faisais pas une généralité. Il faudrait vraiment que vous retrouviez le passage. Je n’avais pas demandé qu’il soit coupé mais c’est un mauvais montage. À mon avis, Fogiel fait ce qu’il veut. Je trouve normal que ça ait choqué. Et je pense que ça méritait explications. C’est fou parce que ça fait quelques jours que je pleure beaucoup. Ma sœur et moi étions tellement fusionnelles…»