Sur le plan juridique, cette suppression est loin d’être une formalité. Le chemin sera encore long pour qu’elle se réalise concrètement. Sur le plan institutionnel ensuite, elle ouvre une brèche. La Belgique deviendrait l’un des rares États fédéraux sans système bicaméral. Un paradoxe pour un pays qui ne cesse de proclamer la nécessité du dialogue entre niveaux de pouvoir et entre communautés.

Suppression du Sénat : un vote incertain jusqu’au bout et de vives tensions ce vendredi

Certes, le Sénat n’est plus que l’ombre de lui-même. Réforme après réforme, ses compétences ont été rognées, son rôle marginalisé, son utilité contestée. Mais même affaibli, il restait un lieu de réflexion institutionnelle et de concertation entre le fédéral et les entités fédérées. Sa disparition privera notamment la communauté germanophone d’une garantie de représentation. Les économies attendues relèvent du symbole plus que d’une réelle rationalisation des finances publiques. D’autant que la majorité des sénateurs sont déjà rémunérés par d’autres assemblées.

Dans ce contexte, l’opposition n’est pas en reste. Le PS marchande son soutien en échange de l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution. Un troc politique qui interpelle. Il est devenu un mode de fonctionnement. Une preuve de dysfonctionnement.

Avec la suppression du Sénat, un séisme institutionnel est en préparation

Le Sénat n’est qu’un symptôme d’un pays trop complexe où les petits jeux l’emportent sur l’intérêt général. Le symptôme Sénat est là, implacable. Si la Belgique peine à supprimer une institution déjà vidée de sa substance, comment pourra-t-elle affronter les réformes bien plus lourdes qui l’attendent ?