« Je n’avais aucune peur de la mort. En ayant accepté le pire, j’éprouvais un sentiment exceptionnel de tranquillité »La vie t’envoie des signes
« Je repense à une de mes copines, coach, qui a l’habitude de dire : ‘Quand tu dois changer des choses, la vie t’envoie des signes. D’abord, une petite plume, puis une petite pierre, puis une petite brique… et ainsi de suite. Et si tu n’as toujours pas compris, un jour, elle t’envoie le 30 tonnes’. Je viens de me prendre le 30 tonnes en pleine face. ‘C’est que j’ai quelque chose à apprendre’ est la première pensée cohérente qui me vient à l’esprit ».

Geneviève Zoppas, auteur de « Vivante », la vie après un cancer colorectal sans tabou. ©D. R.
Sur le chemin du retour, Geneviève a l’impression que ses pensées jouent à Tetris dans sa tête. « Elles sont en train de se ranger par ordre de priorité. Ce qui, hier encore, me semblait d’une importance majeure devient aujourd’hui négligeable ». Par contre, mettre ses affaires en ordre pour alléger au maximum la charge de ceux qui lui survivront, voilà qui devient subitement prioritaire. Ensuite, vérifier si elle a bien fait tout ce qu’elle aurait aimé faire avant de mourir. Histoire de ne pas partir avec des regrets…
Faire avec « les autres »
Après quoi vient le temps de faire avec « les autres », les maladroits, les inquisiteurs, les conseillers, les savants, les susceptibles, ceux qui sont dans le déni, les absents, les bienveillants, les présents, les administrations…
Puis vient le temps de subir les traitements et, enfin et surtout, vivre l’après, qui n’est pas forcément le plus simple à gérer. Quitter la bulle médicale, faire face à un tsunami d’émotions, reprendre le cours de sa vie, changer de comportement et d’habitudes, reprendre le travail… Mais surtout, apprendre à profiter de chaque instant, aspirer à de nouveaux projets…
« Il y a de plus en plus de personnes de moins de 50 ans qui sont atteintes par ce cancer, sans que l’on ait d’explications »Humour, dérision et espoir
Avec humour, voire une certaine dérision, mais en tout cas avec espoir, Geneviève Zoppas nous embarque dans sa mésaventure (à moins que ce ne soit une aventure ?) avec la maladie. Sur un ton de prime abord léger, elle exprime des choses pesantes, comme la façon dont elle a préparé « sa mise à l’écart du monde » ou encore la pénibilité des traitements. « Décidément, 2022 est une grande année. Saint Nicolas m’a apporté un cancer, et voilà que, pour Noël, je reçois ma première chimio. Entre les deux, je ne suis évidemment pas restée inactive. Mon derrière a été visité dans tous les sens, on m’a gonflé, puis dégonflé les intestins, on m’a fait péter, je me suis baladée avec du caca dans mon sac (dans un pot, quand même, faut pas déconner), j’ai cru mourir de honte. »
Sans tabou, l’auteure livre « sa vie d’avant, de pendant et, surtout, d’après » ce cancer, consciente qu’elle était « mal embarquée » et que « la mort restait une option à prendre en considération », mais toujours certaine au fond d’elle-même qu’elle allait s’en sortir. Et de fait, la publication de cet ouvrage – qui se lit d’une seule traite -, récit de sa propre expérience, complété d’interventions d’experts et de témoignages de patients, en est la preuve… vivante.
« J’ai bien failli ne plus pouvoir le dire, le crier, le chanter. (…) Je suis en vie ! Ce n’est plus banal, ce n’est même plus normal. Je suis en vie, et c’est extraordinaire. Je suis en vie, et maintenant, j’entends bien être vivante », écrit Geneviève Zoppas en avant-propos.
(*) « Vivante », la vie après un cancer colorectal sans tabou, Geneviève Zoppas, 19 €, disponible sur Amazon.com et sur www.passezalaction.com