La plupart des joueurs, dont les plus emblématiques comme Chancel Mbemba et le Belgicain du Standard Matthieu Epolo, ont été priés d’attendre dans la ville mexicaine. Pendant quatre jours. Il fallait que l’avion affrété par le pouvoir congolais arrive. Ils ont été amenés jusqu’à Kinshasa où une grande fête populaire avait été organisée à la hâte, avec réception dans le palais du président Félix Tshisekedi.
La foule congolaise n’était pas dupe face à l’annonce des cadeaux aux footballeurs.
Les autorités ont annoncé que les héros en crampons recevraient une maison, une voiture et de l’argent pour leur qualification. Devant une foule heureuse mais pas dupe alors que le peuple souffre au quotidien, souvent par manque de tout.
Les joueurs n’ont été « libérés » que dimanche et ont cherché comme ils pouvaient des vols pour rentrer dans leur club au plus vite. Ils ont déjà brossé une journée de championnat. Il n’y aura probablement pas d’amende ou de punition, histoire de ne pas dérouter ses joueurs en plein sprint final de la saison. Mais la crédibilité du football africain en a encore pris un coup.
L’année 2026 est même catastrophique en termes d’image, alors que personne ne sait encore qui a remporté la Coupe d’Afrique dont la finale s’est disputée le 18 janvier. Le Sénégal sur le terrain ? Le Maroc via le règlement ? Le Sénégal grâce au Tribunal arbitral du sport ? Il faudra encore attendre, mais il est déjà clair que le foot de ce continent a perdu sur toute la ligne.
Toute la planète espère que les nations africaines enchanteront le tournoi américain cet été, comme le Maroc y était parvenu en 2022. Mais un exploit ne suffira pas à redorer l’image catastrophique aux yeux du monde. Pour réellement progresser, le football africain doit arrêter de tout politiser à l’extrême en essayant de cacher ses intentions derrière une bonne couche de folklore. Il doit d’abord penser au bien de ses joueurs, de ses clubs et de ses fédérations.