Un médicament peut être largement utilisé sans
pour autant être irréprochable. Chaque année, la revue indépendante
Prescrire publie une liste de traitements à
écarter, estimant que leur efficacité ne compense pas les
risques encourus. En 2025, plus d’une centaine de médicaments figurent encore dans
ce classement, dont certains très courants. Cette évaluation repose
sur une analyse rigoureuse des données scientifiques, incluant
essais cliniques et retours de pharmacovigilance. Ainsi, loin de
toute polémique, cette liste vise avant tout à orienter patients et
professionnels vers des soins plus sûrs. Parmi les traitements
pointés du doigt, trois noms bien connus se distinguent, car ils
sont encore largement utilisés au quotidien.
Pourquoi ces médicaments sont-ils jugés “plus dangereux
qu’utiles” ?
Le diclofénac, un anti-inflammatoire sous surveillance
Le diclofénac, présent dans des médicaments
comme Voltarène, appartient à la famille des anti-inflammatoires
non stéroïdiens. Il est souvent utilisé pour soulager les douleurs
articulaires ou musculaires. Pourtant, plusieurs études ont mis en
évidence un risque accru d’effets
cardiovasculaires, notamment des infarctus ou des
accidents thrombotiques. En comparaison, d’autres molécules de la
même famille présentent une efficacité similaire avec moins de
dangers. Ainsi, selon Prescrire, le diclofénac ne devrait plus être
utilisé en première intention, car des alternatives plus sûres
existent pour traiter les mêmes symptômes.
La diosmectite, une efficacité contestée
La diosmectite, commercialisée notamment sous le nom de
Smecta, est couramment utilisée en cas de
diarrhée. Son action repose sur un effet mécanique visant à
protéger la muqueuse digestive. Toutefois, des analyses ont révélé
la présence possible de traces de plomb dans cette argile
naturelle. Or, ce métal lourd est reconnu pour ses effets
toxiques sur l’organisme, notamment sur le système nerveux
et les reins. Par ailleurs, son efficacité réelle reste discutée,
surtout face à une mesure simple et essentielle qu’est
l’hydratation. Dans ce contexte, Prescrire considère que l’intérêt
de ce médicament ne justifie pas le risque potentiel.
L’alpha-amylase, un traitement au bénéfice incertain
L’alpha-amylase, vendue sous forme de sirop comme Maxilase, est
souvent utilisée pour soulager les maux de gorge. Cette
enzyme digestive est censée réduire l’inflammation
locale. Cependant, les données scientifiques disponibles n’ont pas
démontré une efficacité significative par rapport à un placebo. En
revanche, des effets indésirables, bien que rares, ont été
signalés, notamment des réactions allergiques, rapporte presse-citron.net. Ainsi, face à
un bénéfice incertain et des alternatives plus fiables, ce
médicament est logiquement classé parmi ceux à éviter.
Quels réflexes adopter face à ces
recommandations ?
Comprendre la notion de balance bénéfices-risques
Avant tout, il est essentiel de comprendre que la présence d’un
médicament sur cette liste noire ne signifie pas
qu’il est interdit ou dangereux dans tous les cas. En réalité, la
notion clé reste la balance entre les bénéfices attendus et les
risques potentiels. Lorsque cette balance penche du mauvais côté,
les experts recommandent simplement de privilégier d’autres
options. Ainsi, l’objectif n’est pas d’alarmer, mais d’inciter à
une utilisation plus éclairée des traitements
disponibles.
Privilégier des alternatives plus sûres
Dans la plupart des situations, des solutions plus sûres
existent. Par exemple, pour les douleurs, certains
anti-inflammatoires présentent un profil de sécurité mieux établi.
En cas de diarrhée, l’hydratation reste la priorité absolue,
souvent suffisante pour éviter les complications. Pour les maux de
gorge, des traitements locaux antiseptiques ou
simplement du repos peuvent être efficaces. Ainsi, en adaptant ses
habitudes, il est possible de limiter l’exposition à des substances
dont l’utilité est discutée.
Demander conseil à un professionnel de santé
Enfin, face à un doute, le réflexe le plus sûr consiste à
consulter un professionnel de santé. Médecins et
pharmaciens disposent des connaissances nécessaires pour orienter
vers les traitements les plus adaptés à chaque situation. De plus,
ils tiennent compte du profil du patient, de son âge, de ses
antécédents et des éventuelles interactions
médicamenteuses. Cette approche personnalisée permet
d’éviter les risques inutiles tout en garantissant une prise en
charge efficace.