Mais la situation s’est dégradée, à un tel point qu’Ashley Tisdale s’est sentie exclue, « pas assez cool », ou encore mise de côté, « comme au lycée ». Elle a donc décidé de quitter ce groupe.
Ce type d’événement reflète une réalité assez commune chez les jeunes mamans. Le Wall Street Journal, quotidien américain, rapportait récemment que certaines mamans peuvent devenir jalouses, très critique sur la manière d’éduquer ou encore se comparent entre elles. Cette dynamique devient alors toxique.
« Des injonctions de la société »
Selon la psychiatre Caroline Depuydt, les mamans se comparent souvent à cause des injonctions de la société de performance dans laquelle on vit. « Notre société occidentalisée et industrialisée nous demande de performer en tout. Vouloir être un bon parent est une chose moins présente chez le père que chez la mère puisque la question maternelle est fort présente », affirme-t-elle.
La spécialiste explique que l’éducation, le fait d’aimer ses enfants est, en fait, une injonction surtout donnée aux mamans. « Ce sont elles qui portent le bébé, accouchent et qui ont le plus long congé de maternité. Cette question d’être un bon parent est donc plus portée par la mère, et devient une injonction internalisée », explique-t-elle.
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Mais Caroline Depuydt rappelle qu’il n’est pas toujours possible d’être un parent parfait. « A priori, on n’a pas de répétition donc on ne peut pas tout savoir et éviter les fautes, surtout lorsque c’est le premier enfant ». Pour pouvoir se détacher de cette performance, la psychiatre rappelle le concept du pédiatre et psychanalyste, Donald Winnicott : « Être une bonne mère, c’est être une mère suffisamment bonne ». « Il est important d’avoir conscience que l’on a droit à l’erreur. On peut fauter, en avoir marre, d’être fatiguée ou ne plus vouloir s’occuper de son enfant le temps de se reposer, mais on sait que l’on s’en occupe comme on peut », insiste-t-elle.
Dans ces groupes WhatsApp, des jeunes mères commençaient aussi à vouloir être meilleures que les autres, ce qui installe une sorte de comparaison insidieuse. « On se met nous-mêmes dans une espèce de comparaison, mais à ce jeu-là, on est tous perdants. On n’atteint jamais cette perfection, et on se met dans une position d’insatisfaction, en courant après une espèce d’idéal qui nous épuise et fait culpabiliser », avertit la médecin. Elle rappelle également que cette dynamique peut avoir un impact sur l’enfant, qui sentira qu’il devra aussi performer. « Au bout de cette recherche sans fin, on risque de trouver l’épuisement, le burn-out parental ou encore l’exclusion », souligne-t-elle.
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Caroline Depuydt partage ses conseils pour que les mamans s’entraident dans la bienveillance, si elles en ont besoin. « Se faire une soirée entre copines et raconter les moments difficiles de la maternité, se rassurer l’une l’autre quand ça ne va pas. On peut aussi s’autoriser et normaliser des moments de pauses sans enfant, où l’on partage ses mésaventures avec des proches qui peuvent nous comprendre », explique-t-elle.
Si certaines mamans préfèrent préserver leur intimité, dans aucun cas, il est obligatoire de partager toute son intimité avec les autres. « On ne doit pas tout se dire, si l’on n’en a pas envie ». « L’autre conseil que je peux donner est de déconnecter de ces groupes si cela devient malsain, si l’on se sent jugé, si l’on culpabilise. Vous pouvez essayer de désamorcer la chose, et si cela ne se passe pas bien, quittez-le tout simplement », conclut la psychiatre. Tout comme pour Ashley Tisdale, finalement.