Près d’un employeur sur deux se dit réticent à recruter des chômeurs de longue durée. C’est le constat central d’une étude menée par Group S, qui met en évidence des freins persistants à l’embauche de ces profils.
Selon l’enquête, la durée du chômage reste un critère déterminant dans la décision de recrutement. « La longue période de chômage joue contre eux. Il ne sera pas facile pour les demandeurs d’emploi de postuler », lit-on.
« 8 employeurs sur 10 partagent l’opinion selon laquelle une période de chômage de longue durée constitue un risque à l’embauche. 41 % déclarent même ne pas vouloir investir dans la formation des nouveaux candidats. La mesure du gouvernement augmente certes le nombre de candidats sur le marché du travail, mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils seront engagés facilement », résume Virginie Vellemans, Chief Communication & Office Management Group S.
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Ces constats interviennent dans un contexte de réforme du chômage visant à accélérer le retour à l’emploi. Mais les résultats suggèrent ici que les obstacles ne sont pas uniquement du côté des demandeurs d’emploi.
En effet, même avec des politiques d’activation renforcées, « les réticences des employeurs restent un frein majeur à l’embauche ». « Quant à savoir si les cadres s’attendent à un plus grand nombre de candidats pour leurs postes vacants en raison de la nouvelle mesure, les avis sont partagés. 35 % déclarent ne pas s’y attendre, tandis que 37 % sont convaincus qu’ils recevront plus de candidats. 11 % déclarent ne pas savoir et les 17 % restants n’ont pas de poste vacant pour le moment », apprend-on encore.
Il est intéressant de noter que la grande majorité (85 %) des employeurs pensent que les chômeurs de longue durée ont besoin d’un accompagnement supplémentaire pour se réinsérer durablement sur le marché du travail. « Il semble donc qu’il y ait une différence entre ce que le gouvernement veut réaliser avec cette mesure − faire en sorte que plus de gens travaillent − et la réalité du côté des employeurs. La volonté est bien là, mais il manque des repères. Comment accompagner les demandeurs d’emploi ? Avec quelles subventions ? Ce sont des questions auxquelles les employeurs n’ont pas toujours de réponse », conclut Virginie Vellemans, Chief Communication & Office Management Group S.
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