Dans les rangs des blogueurs russes, l’heure est au fatalisme. « Notre ennemi a […] réalisé d’importants progrès techniques, contrairement à notre armée. Je ne vois donc pas comment nous pourrions forcer une percée cette année », s’exprime Youri Podolyak, le plus célèbre d’entre eux, avec plus d’un million d’abonnés.

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Partout, le constat semble le même : l’armée russe fait face à d’importantes lacunes, tandis que, de l’autre côté du front, l’Ukraine se renforce. « Si la guerre n’est pas rapidement arrêtée, la Russie risque de s’effondrer. N’avons-nous donc rien appris ces quatre dernières années ? Notre artillerie est manifestement obsolète et donc inutile, surtout comparée au matériel militaire de pointe que notre ennemi reçoit de ses alliés », constate la chaîne Rybar, pourtant proche du gouvernement russe.

Que ce soit sur le plan de l’innovation, du matériel, ou encore des hommes, la Russie semble perdre du terrain chaque jour. « Nous avons déjà perdu la guerre des drones et seul le recours aux armes nucléaires peut encore nous aider. De plus, les négociations de paix ont eu un effet néfaste sur le moral des soldats au front, surtout chez ceux qui se battent sans interruption depuis des années », juge de son côté le militaire Aleksandr Chodakovski, engagé sur le front ukrainien depuis 2014.

« Depuis l’échec de notre blitzkrieg en 2022, nous sommes condamnés à perdre cette guerre, d’un point de vue mathématique, physique et économique, quel que soit le nombre d’avions ukrainiens que nous abattons encore, et quel que soit le nombre d’ennemis », conclut la chaîne Thulenkov 2026 sur Telegram, capturant parfaitement le sentiment de défaite qui se diffuse toujours plus dans les rangs russes.

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Outre la cible des critiques, qui fusent de toute part, c’est d’abord leur nombre qui surprend. Jusqu’ici, le Kremlin n’avait jamais dû faire face à un tel mécontentement de sa population, se contenant de réduire au silence ou d’emprisonner les voix les plus divergentes.

Aujourd’hui, pourtant, la situation a changé. Des récents sondages indiquent que plus de 50 % des Russes disent en avoir « marre » de la guerre. Un sentiment partagé par près de 75 % de la population de moins de 38 ans, plus de quatre ans après le début de l’invasion russe.