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Lors de sa deuxième date au Zénith de Toulouse, lundi 6 avril, Florent Pagny a dû arrêter de chanter, victime d’une laryngite. Face à cette fragilité soudaine, les 7 000 spectateurs ont transformé cet incident en un moment de communion bouleversant. Le troisième concert, prévu ce mardi soir, a été reporté au 15 décembre 2026.
Programmé initialement pour trois soirs au Zénith de Toulouse, le « 65 Tour » de Florent Pagny n’en finit pas de susciter l’intérêt, l’admiration et l’émotion. L’intérêt pour une personnalité sous les feux de l’actualité depuis quatre décennies, l’admiration pour un talent, une voix, et l’émotion pour la période marquée par la maladie. Mais la troisième date, prévue ce mardi soir, a été annulée. « En raison d’une laryngite qui a créé une extinction de voix, le concert de Florent Pagny initialement prévu ce soir mardi 7 avril au Zénith de Toulouse est reporté au 15 décembre 2026, a annoncé Euterpe Promotion dans un communiqué. Tous les billets déjà achetés restent valables pour cette nouvelle date. Les spectateurs qui le souhaitent peuvent toutefois se faire rembourser en se rapprochant de leur point de vente à partir du 8 avril à 10h. »
Il faut dire que lundi soir, un moment fort a saisi son auditoire. Béatrice et Didier, originaires de Blan, dans le Tarn, se comptaient parmi les 7 000 spectateurs présents et ne cachaient pas leur bouleversement : « Sa voix n’était pas au top, on l’a senti dès le début. Et pour les dernières chansons, il a peiné, précise la première. Ensuite, quand il parlait, elle était cassée et on sentait que c’était dur à vivre pour lui aussi. »
D’autant que le spectacle était bien avancé et se déroulait sans anicroche depuis l’apparition du groupe Il Cello, « très impressionnant » selon Didier, qui les avait aperçus sur la petite lucarne lors de la dernière saison de The Voice sur TF1. Les mêmes qui, une fois l’incident passé, rejoindront le « Taulier » pour un sublime « Lo le canto per te » qui soulevait les montagnes.

Florent Pagny, son retour sur scène après sa lutte contre le cancer.
DDM – Fabrice Aygalenq
« Mon docteur m’a dit que j’avais chopé une cochonnerie »
Mais avant cela, l’auditoire a accusé le coup, selon Didier : « Il n’a pas pu terminer le titre ‘Caruso’, impossible d’aller jusqu’au bout et il n’a pas pu monter dans les tons comme le demande la chanson. Il l’a arrêtée en précisant : ‘Mon docteur m’a dit que j’avais chopé une cochonnerie’ et que c’était difficile. Résultat : les gens se sont tous levés et ont applaudi à tout rompre ! »
Dimanche, déjà, l’empathie régnait en maîtresse dans l’enceinte du Zénith. Le public, touché par l’épreuve de la maladie que traverse le chanteur, manifestait, avec force standing ovations, sa compassion, son soutien et son plaisir de retrouver l’artiste après une parenthèse de plus de quatre ans. Et Béatrice de compléter : « Il a dit que Toulouse était fantastique à cause de ce moment de communion et parce qu’on lui prodiguait autant d’amour. Il était vraiment ému en le disant, on a pu le constater sur les écrans géants qui renvoyaient son image. »
Et en sortant du Zénith, les discussions allaient bon train. « Mais on n’a entendu aucune critique, complète Béatrice. Les gens étaient vraiment touchés par le moment qu’ils venaient de vivre. Mais je me demande tout de même s’il ne va pas trop loin avec cette tournée… »
Force est de constater, en effet, que les dates s’enchaînent. Et son public est visiblement en attente, comme Florent Pagny le révélait voilà quelques jours sur le plateau de l’émission « C à vous » sur France 5 : « Au départ, on s’est arrêté à 68 dates parce qu’il y avait 20 Olympia qui n’arrêtaient plus. J’ai dit : ‘Attendez les gars, je ne sais pas dans quel état je vais être.' »

Un show qui réunit près de 20 000 spectateurs sur trois soirs à Toulouse.
DDM – Fabrice Aygalenq
Éternel
Pour ce faire, le chanteur suit une hygiène de vie drastique : « Je me suis organisé, grâce à la médecine, pour faire un truc qui me permet d’être très en forme. On m’a expliqué que si je voulais que cette tournée se passe bien, il ne fallait pas que j’attrape froid ni que je voie trop de monde. » Aussi, exit les rencontres d’avant et d’après-concert, une sieste de 18 h 30 à 20 h et à 20 h 45, et voilà notre gaillard sur scène !
Et comme pour mettre en adéquation les actes avec les paroles, l’artiste annonçait dimanche la fin de son aventure dans l’émission The Voice, dans son rôle de coach après 13 participations. À nos confrères du journal Ouest-France, il déclarait pourtant : « Je n’aime pas être radical. Donc, je dis : j’arrête, mais je reviendrai à la vingtième si le programme existe encore. » Et le temps désormais bientôt disponible ouvre les horizons : « Et puis, j’arrive à un âge où il ne faut pas penser qu’on est éternel. Donc, si je veux pouvoir faire des choses que je repoussais jusque-là, c’est maintenant que je dois les faire. »
Lundi 14 décembre et mardi 15 décembre à 20 h au Zénith (11, avenue Raymond-Badiou). Tarifs : de 42 à 82 €. www.box.fr