Le dernier d’une série d’ultimatums lancés par Donald Trump à l’Iran et repoussés à plusieurs reprises donnait à Téhéran jusqu’à 20H00 à Washington (2h en Belgique) pour rouvrir le passage maritime stratégique, où transitait avant la guerre 20% du brut mondial.

« Il s’agira d’un CESSEZ-LE-FEU réciproque! », a ajouté M. Trump selon qui les Etats-Unis « ont déjà atteint et dépassé tous nos objectifs militaires » depuis le lancement des frappes américano-israéliennes le 28 février.

Il a également fait part de discussions « très avancées » en vue d’un accord de paix « à long terme » avec l’Iran. Téhéran a transmis « une proposition en 10 points » qui « constitue une base viable pour négocier ».

« Cessez-le-feu partout »

De leur côté, les dirigeants iraniens ont confirmé qu’ils acceptaient de rouvrir « pendant une période de deux semaines » le détroit d’Ormuz « si les attaques contre l’Iran cessent », a écrit sur X le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

« Il a été décidé au plus haut niveau que l’Iran engagera, pendant une période de deux semaines (…), des négociations avec la partie américaine à Islamabad », a ajouté le Conseil suprême de la sécurité nationale dans un communiqué.

« Il est précisé que cela ne signifie pas la fin de la guerre, et que l’Iran n’acceptera la cessation des hostilités que lorsque » les négociations auront abouti, a-t-il ajouté, soulignant que ces deux semaines pourraient être prolongées « en accord avec les deux parties ».

Selon les médias iraniens, le plan proposé par Téhéran prévoit que Washington accepte l’enrichissement d’uranium et la levée de toutes les sanctions.

FILE - President Donald Trump, left, listens as Pakistan's Prime Minister Shehbaz Sharif speaks during a summit to support ending the more than two-year Israel-Hamas war in Gaza after a breakthrough ceasefire deal, on Oct. 13, 2025, in Sharm El Sheikh, Egypt. (AP Photo/Evan Vucci, File)FILE - President Donald Trump, left, listens as Pakistan's Prime Minister Shehbaz Sharif speaks during a summit to support ending the more than two-year Israel-Hamas war in Gaza after a breakthrough ceasefire deal, on Oct. 13, 2025, in Sharm El Sheikh, Egypt. (AP Photo/Evan Vucci, File)Donald Trump et Shehbaz Sharif ©Copyright 2025 The Associated Press. All rights reserved

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif s’est réjoui des résultats obtenus à la suite de la médiation de son pays, en bons termes avec toutes les parties: « J’ai le plaisir d’annoncer que la République islamique d’Iran et les Etats-Unis, ainsi que leurs alliés, ont accepté un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban et ailleurs, AVEC EFFET IMMEDIAT », a écrit M. Sharif sur X en employant des majuscules à la fin de son message.

M. Sharif est notamment l’un des membres du « Conseil de paix » institué il y a quelques mois par Donald Trump.

« Effondrement de la vie »

L’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran a été extrêmement bien accueillie sur les marchés: les cours du pétrole ont ainsi rapidement baissé de plus de 15%, repassant sous les 100 dollars le baril, et les Bourses de Tokyo et Séoul s’envolaient respectivement de 4% et 6% à l’ouverture.

Si l’Iran, qui paralyse presque entièrement le détroit depuis le début de la guerre, ne le débloque pas, « une civilisation entière va mourir ce soir », avait asséné mardi matin le président américain, ajoutant: « Je ne veux pas que cela se produise, mais ce sera probablement le cas ».

Donald Trump est « seul » à savoir « ce qu’il va faire » en Iran, avait lancé Karoline Leavitt, alors que des adversaires politiques du président interprétaient ses propos émaillés de contradictions comme la preuve qu’il présenterait des signes de démence.

Avant l’annonce de l’accord conclu entre Washington, Téhéran et leurs alliés, des frappes ont fait sept morts en Irak, près de la frontière avec le Koweït, ont indiqué à l’AFP deux responsables locaux.

Et plus tôt mardi dans le Golfe, des frappes avaient visé l’île de Kharg, point névralgique de l’industrie pétrolière iranienne, selon l’agence iranienne Mehr. Des bombardements avaient également ciblé la province d’Alborz (nord), selon des médias locaux. Dix-huit personnes avaient été tuées.

« Pour nous, la guerre n’est pas seulement une Une ou une analyse politique, c’est l’effondrement de la vie (…) Votre guerre est notre cauchemar nocturne », témoignait sur X la journaliste iranienne Elaheh Mohammadi.

Au Liban, où Israël combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, le bilan des frappes israéliennes depuis le 2 mars dépasse les 1.500 morts.